"Le Prix Nobel de la Paix a ouvert une porte dans mon coeur." Aung San Suu Kyi a reçu son prix en mains propres samedi 16 juin à Oslo (Norvège), plus de vingt ans après qu'il lui fut attribué, en 1991. En résidence surveillée mais autorisée par la junte militaire à se rendre à Oslo pour recevoir son prix, Aung San Suu Kyi avait préféré rester en Birmanie par crainte de ne plus pouvoir y revenir.

Début avril, l'opposante birmane a remporté un siège de députée, pour la première fois de sa carrière politique. En 1991, une chaise vide avait été symboliquement placée sur le podium et en son absence, son époux, le Britannique Michael Aris, et leurs deux fils Alexander et Kim ont reçu la prestigieuse récompense en son nom le 10 décembre.

Samedi, Aung San Suu Kyi  était bien présente et a prononcé un discours. "Pour moi, recevoir le prix Nobel de la Paix signifie que j'étends mes préoccupations pour la démocratie et les droits de l'Homme au delà des frontières nationales."

Liu Xiaobo un jour à Oslo?

Car en Birmanie, "les hostilités n'ont pas cessé", a-t-elle observé, faisant référence au conflit qui oppose la communauté bouddhiste à la minorité musulmane et aux combats avec les Kachins. "Dans l'ouest, la violence communautaire prend la forme d'incendies et d'assassinats, qui ont eu lieu juste avant que je commence le voyage qui m'a conduite ici aujourd'hui", a rappelé l'opposante.

Aung San Suu Kyi a déclaré espérer que Liu Xiaobo, lauréat en 2010, vienne un jour à Oslo. Le dissident chinois s'est vu décerner le prix Nobel de la Paix pour ses efforts en faveur des droits de l'Homme et de la démocratie en Chine. Il n'a pu se faire représenter ni par son épouse, Liu Xia, en résidence surveillée depuis l'attribution du Nobel, ni par ses trois frères qui ne peuvent quitter le territoire chinois.