Perpétuité réelle, peine de mort, assignation à résidence... Comment la droite fait de la surenchère sur les propositions sécuritaires

Après les attentats de Bruxelles, les politiques occupent le terrain médiatique avec des propositions toujours plus radicales.

Nicolas sarkozy, Christian Estrosi, Nathalie Kosciusko-Morizet, Alain Juppé et Laurent Wauquiez chantent La Marseillaise, le 22 novembre 2014 à Bordeaux.
Nicolas sarkozy, Christian Estrosi, Nathalie Kosciusko-Morizet, Alain Juppé et Laurent Wauquiez chantent La Marseillaise, le 22 novembre 2014 à Bordeaux. (JEAN-PIERRE MULLER / AFP)
avatar
France Télévisions

Mis à jour le
publié le

Après les attaques de janvier et de novembre à Paris, la classe politique avait laissé les polémiques de côté pendant quelques jours, le temps de respecter l'unité nationale. Mais les événements de Bruxelles ont entraîné une réaction beaucoup plus rapide, avec, à droite, une surenchère de propositions sécuritaires dans les heures et les jours qui ont suivi les attentats du 22 mars. 

Le retour de la peine de mort

"J’irai même plus loin en proposant, comme en 2006, de rétablir la peine de mort pour les auteurs d'actes terroristes." Dans un communiqué intitulé "Rétablissons la peine de mort !", le député Les Républicains Olivier Dassault dénonce, vendredi 25 mars, l'inaction du gouvernement et se veut inflexible.

Ces individus qui sont prêts à massacrer nos enfants (...) n’ont plus à recevoir de compassion de la part de notre Nation.

Olivier Dassault - député LR

L'instauration d'une perpétuité réelle

Sans aller jusqu'à demander le rétablissement de la peine de mort, Xavier Bertrand avait affirmé jeudi sur BFMTV qu'en 1981, il n'aurait pas voté l'abolition de la peine de mort. Aujourd'hui, il se dit prêt à accepter cette abolition à conditions que "ceux qui étaient susceptibles de relever de la peine de mort ne doivent jamais sortir de prison".

Le député LR rejoint ainsi Nathalie Kosciusko-Morizet sur sa proposition de perpétuité réelle pour les terroristes. Actuellement, un terroriste encourt la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de vingt-deux ans maximum. A l'issue de cette période, il peut demander une réduction de peine ou une libération anticipée, sans garantie d'obtenir satisfaction.

L'internement de tous les individus fichés S

L'idée a déjà été formulée plusieurs fois dans les rangs de la droite. Mais Laurent Wauquiez a souhaité en remettre une couche après les attentats. Le député LR a posté un message sur twitter le jour des attentats pour appuyer sa proposition : "Je demande à nouveau l'internement des individus fichés S et de ceux qui reviennent du djihad. Il faut les empêcher de passer à l'acte." Il a insisté vendredi, en réaction à l'arrestation d'un suspect à Argenteuil : "Chaque jour le confirme, les terroristes sont présents sur le territoire national. À quand des mesures préventives ?"

Couler les bateaux de passeurs

"Je demande à ce qu’on coule les bateaux de passeurs dans les ports quand ils sont vides", a proposé Christian Estrosi sur Europe 1, "nos forces spéciales sont capables, avec des armes blanches et des couteaux, de crever tous ces zodiacs." Le président de la région Paca rappelle que sa région est en première ligne dans la crise migratoire.