Inquiétude autour d'un risque d'attentat sur les centrales nucléaires en Belgique

Retraits d'autorisation, déclaration alarmiste, sabotage mystérieux... Plusieurs éléments montrent que les centrales belges pourraient être un objectif des jihadistes.

La centrale nucléaire de Tihange en Belgique, le 20 août 2014.
La centrale nucléaire de Tihange en Belgique, le 20 août 2014. (ERIC LALMAND / BELGA / AFP)
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Menace sur les centrales nucléaires en Belgique. Après les attentats de Bruxelles, mardi 22 mars, plusieurs éléments sont venus crédibiliser la thèse selon laquelle les centrales nucléaires belges seraient une cible potentielle pour les jihadistes. Francetv info vous donne quatre signes qui justifient cette inquiétude.

L'espionnage d'un expert nucléaire belge

Des médias belges et internationaux ont rapporté que la cellule terroriste bruxelloise responsable des attentats avait prévu une attaque à l'arme de guerre dans les rues de Bruxelles, type 13 novembre à Paris, et la fabrication d'une "bombe sale" radioactive après une surveillance vidéo par deux des kamikazes, les frères El Bakraoui, d'un "expert nucléaire" belge.

L'espionnage du scientifique, responsable du Centre de recherche nucléaire de Mol, avait été révélé fin février. Mais les autorités belges avaient alors conclu que "c'était la personnalité qui était éventuellement visée, mais pas les centrales nucléaires directement". Mais le "testament" de Khalid El Bakraoui, dévoilé mercredi 23 mars, fait référence à Mohamed Bakkali, affirme Libération. Or, la vidéo espionnant l'expert de l'atome a été retrouvée précisément chez Bakkali.

La sécurité renforcée autour des centrales

Il s'agit d'un autre élément qui montre que les autorités prennent l'affaire très au sérieux. Peu après les attentats, des mesures pour sécuriser un peu plus les centrales ont été prises. Les personnels non essentiel au fonctionnement des infrastructures ont été priés de quitter plusieurs sites nucléaires belges, selon Libération. Onze personnes ont également perdu leur accréditation pour accéder aux installations nucléaires, ajoute la RTBF. 

Le mystère non résolu du sabotage d'un réacteur

En août 2014, un réacteur nucléaire d'une centrale située près d'Anvers avait été saboté. L'enquête n'a toujours pas rendu ses conclusions mais la piste terroriste est sérieusement envisagée, indique Libération. "On a volontairement vidé 65 000 litres d’huile qui sert à lubrifier la turbine (...) puis on a remonté la vanne pour faire croire que tout était en règle", détaille au quotidien Eloi Glorieux, l’expert nucléaire de Greenpeace Belgique.

Les caméras de surveillance avaient été tournées de l’autre côté : la preuve que ce n’était pas un acte impulsif, ni l’œuvre d’une seule personne.

Eloi Glorieux

Libération

Les déclarations d'un responsable européen

Les autorités belges ne cessent de prévenir que la menace d'un nouvel attentat reste élevée en Belgique. Et les déclarations du coordinateur de l'Union européenne pour la lutte contre le terrorisme ne devraient pas rassurer la population. Gilles de Kerchove a estimé, samedi 26 mars dans un entretien au quotidien La Libre Belgique, que la prise de contrôle d'une centrale nucléaire par des mouvements jihadistes pourrait devenir une réalité "avant cinq ans".

Le haut-fonctionnaire européen évoque la possibilité pour les jihadistes "d'utiliser l'internet pour commettre des attentats", notamment en prenant le contrôle du "centre de gestion d'une centrale nucléaire, d'un centre de contrôle aérien ou l'aiguillage des chemins de fer"

A un moment donné, il y aura bien un gars avec un doctorat en technologie de l'information qui sera capable d'entrer dans un système

Gilles de Kerchove

La libre Belgique