Explosion dans le métro à Bruxelles : "On était dans le noir, j'entendais des gens crier autour de moi"

Charles Declercq se trouvait dans une rame qui entrait dans la station Maelbeek au moment de la déflagration. Voici son témoignage. 

Devant la station de métro Maelbeek, à Bruxelles, le 22 mars 2016.
Devant la station de métro Maelbeek, à Bruxelles, le 22 mars 2016. (FRANCESCO CALLEDDA / EPA)
France Télévisions

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Charles Declercq devait se rendre à une projection presse du film Batman vs. Superman, mardi 22 mars, lorsque sa matinée a été bouleversée. Ce critique cinéma pour la radio RCF était dans la station de métro Maelbeek, dans le quartier européen de la capitale belge, lorsqu'une explosion a retenti. Selon la régie des transports bruxellois, 15 personnes auraient été tuées et 55 blessées dans cette attaque. Un bilan qui, à la mi-journée, n'était pas confirmé par les autorités.

"J'avais sauté de justesse dans la voiture de tête, à la station Schuman, et je m'étais assis pour lire, explique Charles Declercq, contacté par francetv info. On arrivait dans la station Maelbeek lorsque j'ai ressenti un choc. Il m'a fallu quelques secondes pour comprendre que c'était une explosion."

"Il y avait des passagers recroquevillés au sol"

Le journaliste est déboussolé pendant quelques instants. "J'étais dans le noir complet, j'entendais des gens crier autour de moi, poursuit-il. J'ai senti une vitre de la rame sur moi, elle était tombée sur mes genoux sans se briser." Charles Declercq n'a aucune blessure. "Mais j'étais totalement assourdi et j'avais des maux de tête."

Au bout de quelques minutes, le chauffeur de la rame apparaît avec "une grosse lampe torche". "Il nous a fait escalader la fenêtre pour monter sur le quai et évacuer la rame, raconte le Bruxellois. Il y avait des passagers recroquevillés [au sol], je les voyais à peine."

"Il y avait tellement de fumée que c'était irrespirable"

Tout va ensuite "très vite". "On a pris les escalators, qui ne fonctionnaient plus, sans rien voir du tout, se rappelle Charles Declerq. Il y avait tellement de fumée que c'était presque irrespirable. J'ai essayé de mettre un mouchoir sur mon nez, mais ça ne servait à rien."

Le critique de cinéma a finalement réussi à rejoindre la rue, en passant "par une porte vitrée qui était brisée". "Il y avait des gens légèrement blessés sur le trottoir. D'autres prenaient des photos, mais j'avais juste envie de rentrer chez moi, confie-t-il à francetv info. Alors je suis parti à pied, il m'a fallu 20 minutes pour arriver enfin chez moi."

"J'ai vite compris qu'il s'agissait d'une autre attaque"

Charles Declerq ignore où la déflagration s'est produite exactement. "C'était très difficile de discerner quoi que ce soit, insiste-t-il. Je ne sais pas si l'explosion venait de voitures à l'arrière de ma rame, d'une rame allant dans l'autre sens ou même si elle s'est produite dans la station." 

Le journaliste, qui avait entendu parler de l'attaque à l'aéroport Zaventem avant de prendre le métro, avoue en tout cas "avoir rapidement fait le rapprochement". "Une fois sorti de la station Maelbeek, j'ai vite compris qu'il s'agissait d'une autre attaque."