Attentats de Bruxelles : qui sont les frères El Bakraoui, identifiés comme kamikazes ?

Khalid El Bakraoui avait été condamné à cinq ans de prison en 2011 pour des vols de voitures avec violence. Son frère Ibrahim avait lui aussi été condamné à Bruxelles pour avoir tiré sur des policiers à la kalachnikov en 2010.

La police fédérale belge a diffusé cette photo de trois suspects dans l'aéroport de Zaventem, après les attentats de Bruxelles (Belgique), le 22 mars 2016. 
La police fédérale belge a diffusé cette photo de trois suspects dans l'aéroport de Zaventem, après les attentats de Bruxelles (Belgique), le 22 mars 2016.  (FEDERAL POLICE / BELGA MAG / AFP)
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Un grand pas en avant dans l'enquête sur les attentats de Bruxelles. Deux kamikazes ont été identifiés mercredi 23 mars. Il s'agit de Khalid et Ibrahim El Bakraoui, deux Belges. Ces deux frères étaient séparés au moment des attaques, a confirmé le procureur fédéral.

Khalid s'est fait exploser dans le métro, à la station de Maelbeek. Tandis que Ibrahim est l'un des kamikazes de l'aéroport de Zaventem, celui qui se trouve au centre de l'image de vidéosurveillance diffusée dès mardi après-midi. Les deux hommes ont été identifiés grâce à leurs empreintes. Que sait-on d'eux ?

Des frères connus pour grand banditisme

Les deux frères étaient connus des services de police belges pour grand banditisme, mais non pour des faits de terrorisme. Car ils ont tous les deux été condamnés dans les années 2010.

Khalid El Bakraoui, un Bruxellois de 27 ans, né le 12 janvier 1989 et de nationalité belge, a été condamné à cinq ans de prison en 2011 pour des vols de voitures avec violence. Avec ses complices de l'époque, ils avaient été arrêtés "dans un complexe de garage". "Ils étaient à bord de deux véhicules car-jackés, tenaient des kalachnikovs en main et avaient passé des cagoules", relatait le journal belge La Dernière heure, lors du procès.

Son frère aîné Ibrahim était âgé de 29 ans, né le 9 octobre 1986, lui aussi de nationalité belge. Il a été condamné à neuf ans de prison à Bruxelles pour avoir tiré sur des policiers à la kalachnikov, après un braquage chez un agent de change, en 2010. Il était accompagné de deux hommes. Lors de leur fuite, la police a tenté de les intercepter. Mais Ibrahim El Bakraoui "a fait feu à plusieurs reprises sur les agents et blessé l'un d’entre eux de trois projectiles", racontait La Dernière heure. A l'époque, il avait été jugé coupable de tentative de meurtre. 

"C'est un homme qui faisait plutôt jeune, un peu à la marge, décrit à francetv info une source proche de l'affaire jugée, qui avait assisté au procès en 2010. Il passait beaucoup de temps à jouer à la Playstation." Ibrahim El Bakraoui "voulait s'insérer dans la vie professionnelle. Il s'était lancé dans des études d'assurances. Il n'était pas du tout préoccupé par la religion", ajoute cette source à francetv info.

Deux planques de terroristes louées au nom de Khalid

Les deux frères sont réputés proches de Salah Abdeslam. L'un des deux, Khalid, est soupçonné d'avoir loué sous une fausse identité l'habitation du 60 rue du Dries à Forest, où avait éclaté une fusillade avec la police le 15 mars dernier, selon la RTBF. 

Cette fusillade, survenue lors d'une perquisition de routine, avait abouti à la capture de Salah Abdeslam, trois jours plus tard à Molenbeek, autre commune de l'agglomération bruxelloise.

Toujours sous une fausse identité, Khalid El Bakraoui est également soupçonné d'avoir loué sous une fausse identité un appartement à Charleroi, dans le sud de la Belgique, d'où sont partis les auteurs des attentats du 13 novembre à Paris.

Le "testament" d'Ibrahim retrouvé dans une poubelle

Les enquêteurs ont également trouvé un ordinateur, "dans une poubelle" d'une rue de Shaerbeek, une commune de l'agglomération bruxelloise où des perquisitions ont été menées mardi, après les attentats. Cet ordinateur contenait ce que le parquet a présenté comme le "testament" d'Ibrahim El Bakraoui.

Dans ce "testament", Ibrahim déclare, selon le procureur fédéral, "être dans la précipitation", "ne plus savoir quoi faire", "être recherché de partout", "ne plus être en sécurité" et que "s'il s'éternise, il risque de terminer à côté de lui dans une cellule". "Lui" pourrait être Salah Abdeslam.