Attentats de Bruxelles : pourquoi l'identification des victimes prend du temps

Le parquet avance le chiffre d'au moins 31 morts, mais "aucune victime n'a été identifiée avec certitude", a précisé mercredi soir une porte-parole. L'état de certaines dépouilles rend ce processus très difficile.

Des experts de la police scientifique à la station de métro Maelbeek, à Bruxelles (Belgique), le 22 mars 2016.
Des experts de la police scientifique à la station de métro Maelbeek, à Bruxelles (Belgique), le 22 mars 2016. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)
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Comme en novembre à Paris, les visages et les noms continuent de défiler sur les réseaux sociaux. Sur Facebook ou sur Twitter, jeudi 24 mars, des internautes partagent toujours de nombreux appels à témoins, car deux jours après les attentats de Bruxelles, des familles sont toujours sans nouvelles de leurs proches.

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Le parquet a bien confirmé la mort d'au moins 31 personnes dans les explosions survenues à l'aéroport de Zaventem ou à la station de métro Maelbeek, mais "aucune victime n'a été identifiée avec certitude", a assuré mercredi soir une porte-parole sur la chaîne flamande VTM : "Une enquête est encore en cours sur le lieu des explosions." "L'équipe d'identification fait tout ce qui est en son pouvoir pour travailler aussi vite que possible", précise-t-elle.

Quand vous devez annoncer à quelqu'un qu'un être cher est mort, cela n'est possible que sur la base de preuves scientifiques.

Ine Van Wymersch, porte-parole du parquet de Bruxelles

sur la chaîne VTM

C'est l'une "des principales règles internationales" : "être sûrs à 100%", avant toute communication, a expliqué mercredi Catherine De Bol, commissaire générale de la police judiciaire, lors d'un point presse. Une unité spéciale, la DVI ("Disaster Victim Identification Team", "unité d'identification des victimes de catastrophe") est en charge de ce lourd travail, "mais les circonstances sont extrêmement difficiles sur les lieux des faits".

Des visages "qui ne sont pas reconnaissables"

"C’est un travail très pénible puisqu’il va s’agir (...) de rassembler des morceaux de corps épars, détaille Philippe Boxho, directeur de l’institut médico-légal de l’université de Liège, sur RTL BelgiqueIl est clair qu’il y a beaucoup de chance que les visages soient tellement altérés que, en tout cas pour les victimes proches de l’épicentre [de l'explosion], ils ne soient pas reconnaissables."

Vu l'état de certaines dépouilles, une "comparaison visuelle" ne peut suffire, a confirmé Catherine De Bol. Les "restes humains" retrouvés à l'aéroport ou dans la station de métro Maelbeek ont été transférés dans deux hôpitaux pour analyses, à partir d'autres éléments comme les empreintes digitales, dentaires ou génétiques. On va par exemple "vérifier (...)  les dents qui ont été soignées, les dents qui ne l’ont pas été, celles qui sont absentes, celles qui ont été remplacées..." liste Philippe Boxho.

D'autres détails physiques peuvent servir de preuves, "comme des tatouages, des cicatrices, des éléments de description corporelle, des bijoux ou des vêtements", explique Interpol dans un document (en PDF) sur le travail des équipes DVI. Mais l'organisation internationale prévient que ce processus est très "chronophage". Des jours voire des semaines peuvent être nécessaires pour en venir à bout dans le cadre d'attentats aussi meurtriers.