Les Tunisiens manifestent contre le retour des djihadistes dans leur pays

Deux jours après la mort d'Anis Amri, le Tunisien, auteur présumé de l'attaque de Berlin, plusieurs centaines de personnes ont manifesté hier, devant le Parlement à Tunis, contre le retour des djihadistes dans leur pays. 

Des Tunisiens manifestent devant le Parlement à Tunis contre le retour des djihadistes dans leur pays. 24 décembre 2016.
Des Tunisiens manifestent devant le Parlement à Tunis contre le retour des djihadistes dans leur pays. 24 décembre 2016. (FETHI BELAID / AFP)
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franceinfoJustine FontaineRadio France

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Deux jours après la mort d'Anis Amri, le Tunisien et auteur présumé de l'attaque de Berlin, le 19 décembre 2016, des centaines de personnes ont fait entendre leur colère ce 24 décembre, devant le parlement à Tunis. Ils demandent la plus grande sévérité contre les membres de groupes terroristes de retour dans leur pays. Avec plus de 5 000 combattants en Irak, en Syrie et en Libye, la Tunisie est le premier pourvoyeur mondial de djihadistes à l'étranger. Elle est donc particulièrement touchée. D'autant plus, que le pays a connu lui aussi des attaques terroristes, notamment l'attentat au Musée du Bardo à Tunis ou l'attaque d'un hôtel à Sousse en 2015.

5 000 Tunisiens sont partis faire le djihad

Selon le ministre de l'Intérieur tunisien, 800 d'entre eux sont déjà rentrés au pays. C'est contre l'impunité de ces djihadistes qu'ont manifesté ces Tunisiens.  Il faut dire que le président Béji Caïd Essebsi a créé la polémique au début du mois, en affirmant que les autorités n'allaient pas tous les emprisonner car, selon ses mots, "si nous le faisons, nous n'aurons pas assez de prisons".

Face aux critiques, il a précisé quelques jours plus tard, que les terroristes devaient être traduits en justice. Mais en réalité, la Tunisie est assez démunie face à eux : elle n'a pas de véritable service de renseignements extérieurs. Quand les djihadistes reviennent, la justice n'a donc généralement pas assez de preuves pour les condamner. Ils sont le plus souvent assignés à résidence et surveillés par la police. Mais le ministre de l'Intérieur l'a admis cette semaine : certains peuvent "exceptionnellement" dit-il, "passer entre les mailles du filet" à leur retour.