L'ancien chancelier allemand Helmut Kohl est mort à l'âge de 87 ans

Le dirigeant conservateur a occupé ce poste entre 1982 et 1998, avant Gerhard Schröder puis Angela Merkel.

Helmut Kohl rencontre François Mitterrand, le 25 juin 1984, à l\'occasion d\'un sommet européen à Fontainebleau (Seine-et-Marne).
Helmut Kohl rencontre François Mitterrand, le 25 juin 1984, à l'occasion d'un sommet européen à Fontainebleau (Seine-et-Marne). (DANIEL JANIN / AFP)
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franceinfo avec AFP et ReutersFrance Télévisions

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Le père de la réunification allemande n'est plus. L'ancien chancelier Helmut Kohl est mort, vendredi 16 juin, à l'âge de 87 ans, à Ludwigshafen (Allemagne), a annoncé son ancien parti, la CDU. Le dirigeant conservateur a occupé ce poste entre 1982 et 1998, avant Gerhard Schröder puis Angela Merkel. Durant ses seize années au pouvoir, il a notamment contribué, avec le président français François Mitterrand, à favoriser le rapprochement franco-allemand.

Helmut Kohl, en très mauvaise santé et cloué dans un fauteuil roulant depuis 2009, avait notamment souffert d'un accident vasculaire cérébral et s'était cassé la hanche. La chancelière Angela Merkel, qui lui avait ravi les commandes du parti à l'issue d'une bataille interne, n'a pas réagi dans l'immédiat.

Fin de l'occupation militaire de l'Allemagne

L'ancien chancelier, colosse physique et historique, restera dans l'histoire pour avoir forcé la main des dirigeants soviétique et américain Mikhaïl Gorbatchev et George Bush, mais aussi de ses alliés européens, pour que la RDA anciennement communiste rejoigne la RFA en 1990, moins d'un an après la chute du Mur de Berlin.

Il a aussi permis la fin de l'occupation militaire de l'Allemagne, imposée par les puissances victorieuses du nazisme depuis 1945, jetant ainsi les bases de l'émergence d'une Allemagne forte sur la scène internationale.

Une fin de carrière moins glorieuse

Pourtant, quand à 52 ans il prend la tête en 1982 du gouvernement d'Allemagne de l'Ouest à la faveur d'un changement d'alliance au Bundestag, il est moqué pour son côté rustique et provincial. Il le sera toute sa vie. Personne n'aurait alors parié que ce fils d'un fonctionnaire du fisc issu d'une famille de la petite bourgeoisie de Ludwigshafen entrerait dans la mémoire collective européenne. 

Mais le 9 novembre 1989, le mur de Berlin s'effondre et le chancelier conservateur, alors contesté dans son propre parti (CDU), endosse, selon ses propres mots, "le manteau de l'Histoire".

Sa fin de carrière sera moins glorieuse, ternie par le scandale des caisses noires du parti. Il finira par reconnaître avoir recueilli des dons occultes et Angela Merkel, sa protégée, en profitera pour l'évincer. Selon une citation tirée d'une biographie, il n'a jamais pardonné à la chancelière, disant qu'avant de le rencontrer elle "ne savait même pas manger avec un couteau et une fourchette".