Les services secrets russes et ukrainiens ont annoncé lundi 27 février avoir déjoué une tentative d'assassinat du Premier ministre russe, Vladimir Poutine, favori contesté de la présidentielle en Russie, selon Pervyi Kanal, la première chaîne de télévision nationale. L'attentat était prévu après le scrutin du 4 mars.

Les services secrets ukrainiens ont découvert ce complot après l'explosion d'une bombe, le 4 janvier, dans un appartement d'Odessa (sud de l'Ukraine). Une personne a été tuée. Deux personnes ont été arrêtées et ont affirmé travailler pour le leader islamiste tchétchène Dokou Oumarov, ennemi numéro un du Kremlin, selon Pervyi Kanal. "Les préparatifs étaient terminés et la date était fixée pour l'attentat : après l'élection présidentielle", a indiqué l'une des deux personnes arrêtées, Adam Osmaïev, 31 ans, citoyen russe originaire du Caucase.

"Assez puissants pour détruire un camion"

Selon des responsables du FSB, les services secrets russes, du matériel avait été apporté à l'avance à Moscou. Osmaïev a révélé l'existence d'explosifs cachés près de l'avenue Koutouzovski, régulièrement empruntée par le cortège de voitures de Vladimir Poutine. Ces engins "étaient assez puissants pour détruire un camion", a indiqué à la télévision un officier du FSB, en ajoutant qu'un ordinateur portable avait été saisi, comportant de nombreux éléments concernant le dispositif de sécurité entourant Vladimir Poutine.

Le deuxième suspect arrêté, Ilvi Pianzine, un Kazakh, a indiqué que le groupe était arrivé des Emirats arabes unis via la Turquie et devait apprendre en Ukraine à préparer des bombes avant de se rendre à Moscou pour faire sauter des bâtiments et finalement essayer d'assassiner Vladimir Poutine.

Oumarov avait appelé à poursuivre les attentats contre les officiels

Le porte-parole de Vladimir Poutine a confirmé l'information, mais s'est refusé à tout commentaire, selon l'agence Interfax. Dokou Oumarov, chef de la rébellion islamiste du Caucase russe, qui a revendiqué plusieurs attentats meurtriers à Moscou, avait décrété début février la fin des attaques contre des civils en Russie, mais avait appelé à poursuivre les attentats contre les "officiels", dans une vidéo postée sur le site rebelle tchétchène kavkazcenter.com.

Dokou Oumarov est devenu en 2006 le "président" indépendantiste de Tchétchénie et a pris la tête de la guérilla antirusse. Sous sa direction, la rébellion a continué de s'affaiblir en Tchétchénie face à la lutte, émaillée d'exactions, menée par les forces de Moscou et leurs alliés tchétchènes, dirigés par le leader pro-russe Ramzan Kadyrov.