Espagne : Podemos propose de former un gouvernement avec les socialistes

Pablo Iglesias, le chef du parti de gauche radicale espagnol, a fixé des conditions pour qu'une telle alliance voit le jour.

Pablo Iglesias (à droite), leader du parti anti-austérité Podemos, a rencontré le roi d'Espagne Felipe VI, le 22 janvier 2016 à Madrid, pour lui annoncer son intention de former un gouvernement d'alliance avec le Parti socialiste.
Pablo Iglesias (à droite), leader du parti anti-austérité Podemos, a rencontré le roi d'Espagne Felipe VI, le 22 janvier 2016 à Madrid, pour lui annoncer son intention de former un gouvernement d'alliance avec le Parti socialiste. (ANGEL DIAZ / EFE)

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Le chef du parti de gauche radicale espagnol Podemos, Pablo Iglesias, a proposé, vendredi 22 janvier, de former un gouvernement avec le Parti socialiste. Une telle alliance rapprocherait la gauche du pouvoir en Espagne, après les élections du 20 décembre. Pablo Iglesias a annoncé, lors d'une conférence de presse, avoir fait part au roi Felipe VI "de notre volonté de former un gouvernement avec le Parti socialiste et Izquierda unida [Gauche unie, un parti qui rassemble des écologistes et des communistes]".

Le chef du parti anti-austérité a ajouté qu'il briguait la vice-présidence du gouvernement. Il s'est entretenu avec le roi dans le cadre des consultations du monarque et chef de l'Etat, préalables à la désignation d'un candidat pour former un gouvernement.

"Réduire le déficit à un rythme plus lent"

Pablo Iglesias a fixé comme condition à son alliance avec le Parti socialiste l'entrée au gouvernement de son parti, mais aussi d'Izquierda unida. Il a souhaité que Podemos obtienne des "responsabilités de gouvernement centrales et fondamentales". Il souhaite l'adoption, dans les cent premiers jours, de mesures d'urgence sociale, notamment pour freiner les expulsions de logements de particuliers surendettés et prendre en charge les très nombreux chômeurs en fin de droits.

Il a également souhaité des mesures de lutte contre la corruption, une réforme de la justice et du système électoral. Il a précisé que s'il était au gouvernement, l'Espagne honorerait sa dette, mais qu'il faudra "réduire le déficit à un rythme plus lent", estimant que l'administration allemande avait trop de poids en Europe.

L'offre de Pablo Iglesias semble d'autant plus réalisable qu'il a semblé abandonner l'exigence d'organisation d'un référendum d'autodétermination en Catalogne , condition que les socialistes, opposés à une telle consultation, avaient rejetée par avance. Le professeur de sciences politiques de 37 ans, devenu député, a simplement dit être favorable "à la défense de l'unité de notre pays, avec le préalable de la plurinationalité", souhaitant une réforme constitutionnelle qui en tienne compte.

Le soutien des nationalistes et des centristes pose question

Les élections législatives organisées il y a un mois en Espagne ont laissé un Parlement fragmenté. Le Parti populaire (droite) du chef de gouvernement, Mariano Rajoy, est arrivé en tête, mais avec seulement 28,7% des suffrages.

Mais avec 119 sièges au Congrès, il ne peut pas former un gouvernement. D'autant que face à lui s'alignent le Parti socialiste (22% des voix et 89 sièges) et Podemos et ses alliés (20,6%, 65 députés), ainsi qu'Izquierda Unida (2 députés), soit 156 sièges.

Mariano Rajoy ne peut en effet pas compter sur les 40 élus centristes de Ciudadanos, un parti ayant émergé au niveau national en moins de deux ans pour dénoncer la corruption et qui, pour l'instant, ne soutient aucun des deux camps. L'alliance de gauche aurait cependant encore besoin du soutien des nationalistes catalans ou basques, afin de l'emporter dans le cas où Ciudadanos déciderait de soutenir la droite.