Espagne : il "fout en l'air" un château mauresque en voulant le restaurer

La tour, qui date du IXe siècle, est désormais en partie recouverte de béton.

Capture d'écran d'une vidéo de la chaîne La Sexta, montrant le château de Matrera (Cadix, Espagne) après sa rénovation.
Capture d'écran d'une vidéo de la chaîne La Sexta, montrant le château de Matrera (Cadix, Espagne) après sa rénovation. (LA SEXTA NOTICIAS)
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Le château de Matrera se dresse sur une colline de Villarmartin, près de Cadix (Espagne), depuis le IXe siècle. Mais il a récemment perdu de sa splendeur. La tour médiévale, menacée de destruction après de fortes pluies en 2013, a en effet été restaurée. Et le résultat déplaît fortement aux locaux, rapporte La Vanguardia (en espagnol), jeudi 10 mars.

Les travaux de "consolidation et de restauration", organisés par l'architecte Carlos Quevedo Rojas, ont redonné la forme d'origine au château. Le problème, c'est que la tour mauresque ressemble désormais à un bloc de béton...

"Un massacre du patrimoine"

"Ils ont fait de la construction, pas de la restauration, estime un habitant de Villarmatin, interrogé par la chaîne espagnole La Sexta (en espagnol). Ils ont foutu [la tour] en l'air !"

Même constat du côté d'Hispania Nostra, une association de conservation du patrimoine espagnol. "Cette restauration est lamentable et a profondément choqué les habitants et les touristes, a expliqué le groupe au Guardian (en anglais). Des étrangers nous ont écrit pour dire qu'ils ne comprennent pas cette folie, qu'ils décrivent aussi comme un 'massacre du patrimoine'. Et ils ont raison."

Le château comparé à une autre restauration ratée

L'architecte responsable de ce "massacre" affirme, lui, avoir simplement respecté les consignes qui lui ont été données par les propriétaires du château. "Il fallait consolider les éléments fragilisés, différencier la structure d'origine des nouveaux éléments –ce qui est imposé par la loi– et redonner sa forme d'origine à la tour", explique Carlos Quevedo Rojas au Guardian. 

Si l'architecte encourage ses détracteurs à "se renseigner" sur le processus de restauration avant de critiquer, de nombreux Espagnols comparent déjà son œuvre à la restauration de la fresque Ecce Homo à Borja (Espagne). A l'époque, une femme de 82 ans avait défiguré le portrait du Christ en tentant de le restaurer. L'Espagne n'a décidément pas de chance avec la conservation de son patrimoine local.