Attentats en Catalogne : où en est l'enquête ?

La cellule responsable des attentats en Catalogne a été mise "hors d'état de nuire", a affirmé dimanche le responsable des affaires intérieures du gouvernement régional de Catalogne. Son dernier membre connu, Younès Abouyaaqoub, en fuite, a été abattu lundi.

La police patrouille sur La Rambla, à Barcelone (Espagne), où un van a foncé dans la foule le 17 août 2017.
La police patrouille sur La Rambla, à Barcelone (Espagne), où un van a foncé dans la foule le 17 août 2017. (STRINGER / REUTERS)
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franceinfo avec AFP et ReutersFrance Télévisions

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L'enquête progresse après les attaques en Catalogne. Une cellule d'au moins douze personnes a été mise au jour, en lien avec les deux attentats qui ont fait 15 morts à Barcelone et Cambrils, jeudi 17 août. Le conducteur de la camionnette qui a foncé sur la foule sur La Rambla, identifié comme Younès Abouyaaqoub, a été tué par la police, lundi à Subirats (Catalogne), après quatre jours de cavale. Mardi, les quatre membres encore en vie du groupe ont été mis en examen. Franceinfo fait le point sur les avancées de l'enquête.

La cellule mise "hors d'état de nuire"

La cellule soupçonnée d'être à l'origine des attentats en Catalogne a été mise "hors d'état de nuire", avait assuré le responsable de l'Intérieur du gouvernement régional de Catalogne, dimanche 20 août. "Les douze membres de la cellule jihadiste sont neutralisés", a confirmé le chef de la police catalane, lundi, après la mort de Younès Abouyaaqoub, le dernier membre encore en fuite.

Cinq autres suspects avaient été abattus dans la nuit de jeudi à vendredi, après avoir lancé à toute allure une Audi A3 sur la promenade de la station balnéaire de Cambrils. Quatre autres suspects ont été arrêtés à Ripoll et Alcanar.

Deux personnes ont en outre été tuées dans l'explosion d'une maison à Alcanar, mercredi 16 août. L'une d'elles est l'imam de Ripoll, Abdelbaki Es Satty, soupçonné d'être au centre de la cellule jihadiste, a confirmé le chef de la police lundi. Les forces de l'ordre avaient perquisitionné samedi matin le domicile de cet homme, qui avait disparu depuis mardi. 

>> Attentats en Catalogne : ce que l'on sait des suspects

Mardi, les quatre suspects interpellés, seuls membres du groupe encore en vie, ont été présentés à un juge et mis en examen, notamment pour "appartenance à une organisation terroriste", "assassinats terroristes" et "possession d'explosifs", selon une source judiciaire citée par l'AFP. Le juge devait dans la soirée décider s'il les place en détention. Le parquet a demandé à ce que tous soient incarcérés.

Le suspect de La Rambla retrouvé et abattu

Un seul suspect était encore en fuite : Younès Abouyaaqoub, un Marocain de 22 ans né à M'rirt, indentifié comme le conducteur qui a fauché des passants sur La Rambla, à Barcelone. Après quatre jours de cavale, il a finalement été tué à Subirats, à une quarantaine de kilomètres de Barcelone, a annoncé la police catalane lundi.

"Une femme a appelé la police pour signaler un individu qui pouvait correspondre au signalement", a expliqué le chef de la police catalane Josep Lluis Trapero, lors d'une conférence de presse. Un peu plus tard, deux policiers de proximité ont aperçu un individu dans les vignes. "Ils ont demandé à cette personne de s'identifier et cette personne portait une chemise ouverte. Il a crié 'Allah Akbar' et les policiers ont aperçu ce qui semblait un gilet explosif, comme ce qu'on avait vu lors de l'attentat de Cambrils." Les agents ont tiré et abattu l'homme.

La police catalane avait confirmé, plus tôt lundi, que Younès Abouyaaqoub avait quitté le lieu de l'attaque de Barcelone à pied après avoir abandonné son véhicule. Il a ensuite volé une seconde voiture pour s'enfuir, tuant son conducteur et forçant un barrage de police.

La photo du suspect, Younès Abouyaaqoub, diffusée par la police catalane. 
La photo du suspect, Younès Abouyaaqoub, diffusée par la police catalane.  (MOSSOS D'ESQUADRA / AFP)

Une chasse à l'homme avait été lancée dans toute l'Europe pour le retrouver. "Nous devons parler avec les polices européennes pour leur transmettre l'identité de cette personne (...) sans doute déjà recherchée dans tous les pays européens", expliquait lundi Joaquim Forn, le responsable de l'Intérieur de Catalogne. Les enquêteurs n'excluaient pas, notamment, qu'il ait franchi la frontière et soit passé en France. Les autorités espagnoles avaient renforcé les contrôles aux frontières et mené plusieurs perquisitions, dimanche soir, à Ripoll, où résidaient plusieurs membres de la cellule qui a perpétré les attentats, indique Reuters.

La cellule projetait "un ou plusieurs attentats" à Barcelone

Mercredi 16 août, une maison d'Alcanar, une petite ville située dans le sud de la Catalogne, a été soufflée par une déflagration. Pour les enquêteurs, l'explosion est liée aux attentats. "Nous commençons à voir clairement que c'est le lieu où se préparaient les explosifs pour commettre un ou plusieurs attentats dans la ville de Barcelone", a déclaré Josep Lluis Trapero.

Cent vingt bonbonnes de gaz ont en effet été retrouvées sur place. Il a précisé que des traces de TATP, "type d'explosif utilisé par" l'organisation terroriste Etat islamique, qui a revendiqué les attentats, y avaient été détectées. L'explosion accidentelle a, selon les enquêteurs, poussé la cellule à agir dans la précipitation en utilisant des véhicules pour tuer à Barcelone, puis à Cambrils, à 120 km plus au sud.

Mohamed Houli Chemlal, l'un des suspects interpellés, a confirmé aux policiers que la cellule jihadiste préparait bien des attentats de plus grande ampleur. Il a maintenu ses déclarations devant le juge d'instruction, mardi. Il est le seul suspect en vie dont on sait avec certitude qu'il a séjourné dans la maison d'Alcanar, puisqu'il a été blessé dans l'explosion.

Les quinze victimes identifiées

Le double attentat a fait 13 morts à Barcelone et un à Cambrils. Une quinzième victime a été ajoutée au bilan officiel, a annoncé Joaquim Forn lundi 21 août. Il s'agit d'un homme de 34 ans, originaire de Vilafranca del Penedes. Il a été retrouvé mort à l'intérieur d'une voiture abandonnée à Sant Just Desvern, jeudi soir. Le véhicule avait échappé à un contrôle de police quelques heures après la tuerie de Barcelone, mais les policiers n'avaient, dans un premier temps, pas relié cet incident aux attentats en Catalogne.

Le conseiller à la justice de la région autonome a précisé, lundi, que les 15 victimes avaient été identifiées. Il s'agit de six Espagnols, dont une femme avec la double nationalité argentine et un enfant, de trois Italiens, d'un Canadien, d'une Belge, de deux Portugaises, d'un(e) Américain(e) et d'un enfant Autralo-Britannique.

>> Un visage et un nom pour les victimes des attentats en Catalogne ?