Attentats en Catalogne : ce que l'on sait des 12 membres présumés de la cellule jihadiste

Six d'entre eux sont morts à la suite des attentats et la police catalane a mis en examen quatre individus pour "appartenance à une organisation terroriste, assassinats terroristes et possession d'explosifs".

Moussa Oukabir, Saïd Aallaa, Mohamed Hychami et Younès Abouyaaqoub (de gauche à droite), suspects dans l\'enquête sur les attentats en Catalogne du 17 août 2017.
Moussa Oukabir, Saïd Aallaa, Mohamed Hychami et Younès Abouyaaqoub (de gauche à droite), suspects dans l'enquête sur les attentats en Catalogne du 17 août 2017. (MOSSOS D'ESQUADRA / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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L'enquête sur les deux attentats commis en Catalogne progresse, mercredi 23 août, avec la mise au jour d'une cellule de 12 jihadistes impliqués, d'après la police, dans les attaques à la voiture-bélier qui ont fait 15 morts à Barcelone et Cambrils (Espagne) jeudi 17 août. Aucun des terroristes présumés n'était connu des services de police pour des faits en lien avec le terrorisme, mais certains avaient des antécédents judiciaires pour des faits de délinquance. Tous les suspects sont désormais "détenus ou morts", affirme la police. Franceinfo fait le point sur ce que l'on sait des auteurs présumés de ces attaques.

Six jihadistes présumés abattus par la police

Les cinq assaillants tués dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 août, à Cambrils, ont été identifiés par les enquêteurs. Un policier a abattu quatre d'entre eux après qu'ils ont lancé à toute allure une Audi A3 sur la promenade de la station balnéaire ; le cinquième est lui parvenu à poignarder une femme, qui a succombé à ses blessures, avant de mourir sous les tirs des forces de l'ordre.

Ces hommes ont été identifiés comme étant Moussa Oukabir, 17 ans (à gauche sur la photo ci-dessous) ; Saïd Aallaa (au centre), 18 ans ; Mohamed Hychami (à droite), 24 ans ; son frère Omar Hichamy, dont on ignore l'âge ; Houssaine Abouyaaqoub, le frère du conducteur qui a foncé dans la foule à Barcelone. Il s'agit de cinq jeunes Marocains vivant depuis leur enfance à Ripoll, une ville de quelque 10 000 habitants non loin des Pyrénées. Moussa Oukabir et Mohamed Hychami étaient même voisins.

Moussa Oukabir, Saïd Aallaa et Mohamed Hychami ont été abattus par la police à Cambrils (Espagne), dans la nuit du 17 au 18 août 2017.
Moussa Oukabir, Saïd Aallaa et Mohamed Hychami ont été abattus par la police à Cambrils (Espagne), dans la nuit du 17 au 18 août 2017. (MOSSOS D'ESQUADRA / AFP)

"Moussa était un garçon gentil qui ne faisait de mal à personne. Il suivait ses cours normalement et devait passer son bac l'an prochain, raconte son père depuis le village de Melouiya, au Maroc, où il réside. Ces derniers temps, il a commencé à faire sa prière (…) mais ça s'arrêtait là. (…) Il était jeune, pas encore mûr et il s'est sans doute fait manipuler", poursuit-il. "Il était doux, toujours souriant. Il ne fumait pas, ne buvait pas, affirme aussi son oncle. Toute la région est sous le choc".

Younès Abouyaaqoub a lui été abattu lundi 21 août à Subirats, à 50 km à l'ouest de Barcelone. Il avait pris la fuite à pied, jeudi 17 août, après avoir foncé sur la foule de La Rambla en camionnette. Il avait ensuite poignardé à mort un ingénieur, Pau Pérez Villan, pour lui voler sa voiture, avant de forcer un barrage de police puis abandonner le véhicule et disparaître. Le jeune homme de 22 ans est né à Mrirt, au Maroc, mais a grandi à Ripoll comme les autres membres de la cellule.

La photo du suspect, Younès Abouyaaqoub, diffusée par la police catalane. 
La photo du suspect, Younès Abouyaaqoub, diffusée par la police catalane.  (MOSSOS D'ESQUADRA / AFP)

Quatre suspects ont été arrêtés 

Quatre hommes, trois Marocains et un Espagnol, ont été arrêtés. Ils ont été mis en examen pour "appartenance à une organisation terroriste, assassinats terroristes, possession d'explosifs" et présentés au juge en charge de l'enquête.

Deux membres présumés de la cellule ont été placés en détention provisoire : Mohamed Houli Chemlal, un Espagnol de 21 ans et Driss Oukabir, un Marocain de 27 ans. Le premier est né à Melilla, une enclave espagnole dans le nord du Maroc. Il a été arrêté à Alcanar après avoir été blessé, mercredi 16 août, dans l'explosion d'une planque, à 200 km au sud-ouest de Barcelone. Driss Oukabir a lui été arrêté jeudi à Ripoll. Il avait loué la fourgonnette qui a servi a perpétrer l'attentat de Barcelone, mais assure que c'était pour un déménagement.

Mohammed Aallaa, 27 ans, est également détenu à Ripoll. Son Audi A3 été utilisée par les cinq auteurs de l'attentat de Cambrils, dont son frère Saïd, 19 ans. Il assure que la voiture était à son nom pour des questions d'assurance mais que son frère l'utilisait. Le juge l'a laissé en liberté sous contrôle judiciaire, estimant qu'à ce stade, il n'y avait pas "d'indices permettant d'établir sa participation aux faits, en-dehors de la propriété (du véhicule) de nature formelle".

Le magistrat s'est enfin laissé trois jours pour décider s'il libérait le quatrième suspect, Salh El Karib, un ami de Driss Oukabir. Cet homme de Ripoll, la petite ville catalane d'où viennent la plupart des suspects, aurait acheté des billets d'avion pour deux des membres de la cellule. Il assure que c'était pour rendre service à Driss Oukabir et qu'il a été remboursé en liquide. Le juge attend le résultat des perquisitions qui étaient en cours, mardi 22 août, en Catalogne.

Deux autres membres de la cellule identifiés

L'imam marocain Abdelbaki Es Satty, âgé de 44 ans, a été tué dans l'explosion de la maison d'Alcanar, où la cellule est soupçonnée d'avoir cherché à confectionner des engins explosifs pour commettre "un ou plusieurs attentats" à Barcelone. Abdelbaki Es Satty a vécu plusieurs années à Ripoll, où il enseignait le Coran. Il avait fait de la prison pour trafic de drogue de 2010 à 2014 et séjourné en Belgique, dans la commune de Machelen, près de Bruxelles, entre janvier et mars 2016.

D'autres restes humains ont été trouvés à Alcanar mais n'ont toujours pas été identifiés. La police pense qu'ils pourraient appartenir à Youssef Aallaa, un autre membre présumé de la cellule, qui aurait lui aussi été tué dans l'explosion de la maison.