Attentat de Barcelone : "Nous ne pouvons pas emplir la ville de barrières", se défend la maire

L'absence de bornes anti-intrusion sur La Rambla de Barcelone a généré un début de polémique en Espagne. La maire de la ville répond aux critiques.

La maire de Barcelone (Espagne), Ada Colau, le 17 août 2017.
La maire de Barcelone (Espagne), Ada Colau, le 17 août 2017. (JAVIER SORIANO / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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La Rambla de Barcelone était-elle suffisamment protégée ? Deux jours après l'attentat, des voix se sont élevées pour critiquer l'absence de bornes anti-intrusion sur cette avenue touristique de la ville. "Il n'y a pas lieu de parler aujourd'hui de ce qui aurait pu être évité avec une borne posée sur la Rambla", a lancé la maire de la ville, Ada Colau, samedi 19 août, aux médias. Depuis vendredi, réseaux sociaux et médias ont multiplié les articles sur cette absence, certains allant jusqu'à exiger la démission de la maire, qui aurait fait la sourde oreille aux recommandations de la police nationale.

"Depuis deux ans, nous sommes en alerte antiterroriste 4 sur 5. Et nous avons donc renforcé la sécurité à beaucoup d'endroits dans la ville parce que nous savions que Barcelone pouvait être une cible des terroristes, comme Paris ou Berlin, a poursuivi l'élue. Nous avions des renforts policiers sur La Rambla et beaucoup d'autres lieux, mais ce que nous sommes incapables de faire, c'est de verrouiller la ville. (...) Les auteurs de l'attentat voulaient tuer et s'ils n'avaient pas pu entrer par la Rambla, ils l'auraient fait par un autre endroit, nous ne pouvons pas emplir une ville comme Barcelone de barrières", a insisté la maire de la deuxième ville d'Espagne et la plus fréquentée par les touristes.

"Barcelone n'a jamais refusé de poser des bornes"

Surtout, la mairie a fait valoir que ce type de décisions était adoptée lors de réunions locales tripartites Etat-région-ville. Le premier adjoint au maire, Gerardo Pisarello, avait écrit sur Twitter, dès le lendemain de l'attentat : "Que les choses soient claires. La mairie de Barcelone n'a jamais refusé de poser des bornes." "Les mesures de sécurité antiterroriste sont déterminées par les responsables de l'Intérieur. La mairie collabore et applique ces instructions", a-t-il ajouté.

Le ministère de l'Intérieur espagnol avait bien recommandé aux villes de poser des bornes anti-intrusion dans les endroits les plus fréquentés, selon la mairie. Mais le conseil local de sécurité – où sont représentés l'Etat, la région et la mairie – n'a pas souhaité ajouter des obstacles dans la zone de La Rambla, "parce qu'il y en avait déjà beaucoup – arbres, bancs, kiosques, lampadaires... – et en rajouter représentait un danger pour l'accès des véhicules d'urgence", a expliqué à l'AFP une porte-parole de la mairie.

Pour sa part le ministre de l'Intérieur, Juan Ignacio Zoido, n'a pas voulu se laisser entraîner dans la polémique, soulignant que la police avait "recommandé" ce mobilier urbain et que la décision appartenait à "chaque mairie". Dans un pays en niveau d'alerte antiterroriste 4 sur 5 depuis 2015, Barcelone avait cependant appliqué d'autres mesures telles que la pose de barrières ou le renforcement des contrôles pour des concerts ou des festivités. Le gouvernement a demandé samedi l'adoption de mesures supplémentaires, notamment pour renforcer encore la sécurité dans les lieux de grande affluence. Madrid a notamment installé de nouvelles jardinières en béton dans plusieurs rues du centre.