C'est un épais brouillard de particules nocives. Le smog recouvre depuis plusieurs jours le nord-ouest de la Chine. Après le record du 13 janvier, c'est la 4e fois depuis le début de l'hiver que la région est victime de ces pics de pollution atmosphérique d'une densité inédite. Jeudi 31 janvier, la situation est en voie de légère amélioration, mais l'horizon reste bouché.

Le gouvernement considère que quatre grandes villes sont "gravement polluées" : Pékin, Tianjin, Shijiazhuang et Jinan. Le ministère de l'Environnement a annoncé que le smog avait au total affecté ces derniers jours une surface de 1,3 million de km2. Plus de deux fois celle de la France. Par endroit, la visibilité est réduite à quelques centaines de mètres. Sur une autoroute de Tianjin, le smog a provoqué un carambolage, mercredi. Une quarantaine de véhicules se sont percutés. 

(CCTV / Reuters)

Afflux de patients en détresse respiratoire

A Pékin, l'indice de la qualité de l'air (AQI) de l'ambassade américaine, qui sert désormais de référence à beaucoup d'habitants, y était de 484, mardi. Près de 40 fois le seuil préconisé par l'OMS. L'AQI est "malsain" au-dessus de 150, "dangereux" au-dessus de 300 et "hors indice" au-dessus de 500. 

Dans les rues ou même dans les bureaux, un nombre croissant de personnes portent des masques protecteurs pour sortir. Les autorités de Pékin ont conseillé mercredi à des millions d'habitants de rester si possible à leur domicile. Car ces pics de forte pollution atmosphérique ont provoqué un afflux dans les hôpitaux de patients en détresse respiratoire, ces derniers jours.

L'origine de cette pollution hors norme paraît évidente. Deuxième économie de la planète et premier marché automobile mondial, la Chine voit son environnement menacé par ses nombreuses industries polluantes, son trafic routier en constante expansion et son laxisme pour protéger les écosystèmes. La Chine consomme désormais autant de charbon que l'ensemble des autres pays de la planète. Le pays en tire plus de 70% de son énergie.

Un épais brouillard de pollution recouvre Pékin (Chine), le 30 janvier 2013.
Un épais brouillard de pollution recouvre Pékin (Chine), le 30 janvier 2013. (JASON LEE / REUTERS)