La centrale nucléaire du Bugey (Ain), le 20 mars 2010.
La centrale nucléaire du Bugey (Ain), le 20 mars 2010. (CITIZENSIDE / AFP)

Elle avait été réclamée par les élus écologistes. L'Assemblée nationale a donné son feu vert, mercredi 11 décembre, à la création d'une commission d'enquête sur les coûts du nucléaire. Elle aura "pour objet d’interroger la filière nucléaire française sous l’angle de son coût pour l’Etat, les contribuables et les consommateurs. Elle pourra interroger notamment les coûts actuels et futurs de la filière sous tous ses aspects, ainsi que les incertitudes financières pesant sur l’avenir de cette technologie"

C'est la première fois que la politique nucléaire française sera examinée à la loupe par les députés. Objectif : préparer les débats en 2014 sur la loi sur la transition énergétique. Pour les écologistes, Denis Baupin a expliqué vouloir par cette commission "éclairer sur les enjeux de cette loi" à venir, alors que les nombreux rapports existant déjà sur cette question des coûts comportent des "incertitudes", sur le coût des accidents nucléaires, du démantèlement des installations ou de la gestion des déchets.

Commission composée de 30 députés

Cette commission, composée de 30 députés, se penchera également sur "la durée d'exploitation des réacteurs et divers aspects économiques et financiers de la production et de la commercialisation de l'électricité nucléaire dans le périmètre du mix électrique français et européen". Elle travaillera notamment sur les conséquences de la fermeture et du démantèlement de réacteurs nucléaires, notamment de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin). Elle disposera de six mois pour présenter son rapport.

Pour l'UMP, Bernard Accoyer a dit craindre "un rapport à charge" qui s'en prendrait à un "fleuron" national. L'UDI Franck Reynier a botté en touche, jugeant qu'"un sujet aussi déterminant mérite bien mieux qu'un débat stérile" entre pro et anti-nucléaire.