Trois raisons pour lesquelles les feux de cheminée sont interdits en Ile-de-France

Le feu de bois dans les cheminées classiques est théoriquement proscrit à Paris et dans toute sa banlieue à partir du 1er janvier 2015. 

A partir du 1er janvier 2015, l'utilisation de cheminées à foyer ouvert sera proscrit à Paris et en banlieue.
A partir du 1er janvier 2015, l'utilisation de cheminées à foyer ouvert sera proscrit à Paris et en banlieue. (LAURENCE MOUTON / MAXPPP)

Mis à jour le , publié le

Adieu les flammes rougeoyantes dans l'âtre ! A partir du 1er janvier 2015, les feux de cheminée à foyer ouvert seront interdits à Paris et dans 434 autres communes d'Ile-de-France (soit 87% de la population de la région). Ils sont en effet jugés trop polluants. Voici les raisons de cette interdiction, qui ne concerne cependant pas les foyers fermés (équipés d'un insert) et les poêles à bois.

Parce qu'il a déjà été interdit à Londres 

Qui est concerné par cette extinction des feux en Ile-de-France ? La capitale et plus de 400 communes de toute la couronne francilienne, recensées sur une carte interactive du Parisien. Soit 125 000 logements. Ce type de mesures a déjà été pris à l'étranger, notamment à Londres ou en Suisse. En France, d'autres régions comme Rhône-Alpes pourraient suivre.

Autant, donc, passer rapidement aux cheminées à inserts (dont le foyer est fermé), qui restent autorisées. Ou au poêle à bois. Furieusement rétro, mais modernisé dans sa version à granulés, il pourrait connaître un nouvel engouement. A condition que le budget suive : il peut coûter jusqu'à 6 000 euros. 

Parce que le feu de bois pollue à l'extérieur

La pollution est le principal argument justifiant l'interdiction des cheminées ouvertes. Comme le diesel, le chauffage au bois génère des particules fines, polluantes et cancerigènes. Selon une étude du CNRS publiée lundi 24 novembre, l'air respiré à Paris au plus fort d'un pic de pollution, le 13 décembre 2013, équivalait à celui d'une pièce de 20 m2 avec huit fumeurs. Et contenait jusqu'à 6 millions de particules fines par litre d'air, les plus dangereuses pour la santé.

Reste à savoir quelle est la part, dans la pollution, du diesel et du chauffage au bois. "Selon le rapport d'avril du Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa), les principaux secteurs émetteurs de PM10 (particules d'un diamètre inférieur à 10 micromètres) sont la transformation d'énergie par l'industrie (31 %), la combustion de bois pour chauffer les habitations (30 %) et l'agriculture avec l'utilisation d'engrais (20 %) devant le trafic routier (15 %)", rapporte Le Monde (article payant).

Tel n'est pas l'avis d'Airparif : selon l'association agréée pour le contrôle de l'air, cité dans le même article, "51% des particules en Ile-de-France viennent du trafic routier". Car Airparif prend en compte toutes les particules, y compris les fines et les très fines (les nanoparticules), les plus dangereuses, et pas seulement les plus grosses (les PM10 évoquées par le Citepa).

Parce que le feu de bois pollue à l'intérieur

Le site du gouvernement de la province du Québec (Canada) consacré à l'environnement rappelle "qu'en plus d’émettre des contaminants dans l’air extérieur, les appareils de combustion du bois peuvent modifier la qualité de l’air des habitations lorsqu’une partie des gaz de combustion et des particules fines reviennent à l’intérieur."

"Une étude de la Direction de la santé publique de Montréal-Centre a montré que les personnes qui utilisent un poêle à bois présentent dans leur urine des concentrations plus élevées de contaminants que celles n’ayant pas de poêle à bois, précise le site. La combustion du bois constitue donc une source d’exposition supplémentaire à des substances toxiques à l’intérieur des maisons."

En clair, selon le pneumologue de l'hôpital Bichat (Paris), Michel Aubier, cité par Le Parisien, les fumées respirées dans un espace fermé provoquent des effets comparables au tabagisme passif. Avec des risques particuliers pour les enfants, les fumeurs et ceux atteints de bronchite chronique.