Polynésie : un "discours radical" de Hollande espéré sur le nucléaire

Le président de la République entame ce dimanche soir une visite en Polynésie française. Tout au long de son périple, François Hollande devrait être confronté aux revendications des associations anti-nucléaires qui réclament justice. La Polynésie subit toujours les conséquences des 193 essais nucléaires réalisés sur son territoire entre 1966 et 1996.

(193 essais nucléaires ont été réalisés en Polynésie dont 147 souterrains comme ici en 1995 © REUTERS)
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"Nous attendons un discours radical de la posture de l'Etat à propos de ces trente années d'essais nucléaires dans notre pays " a déclaré ce dimanche matin sur France Info le Père Auguste Uebe Carlson, président de l’association 193 qui défend les victimes des essais nucléaires. "Nous attendons que le discours change radicalement ". Et il demande à l'Etat de jouer son rôle, "d'assumer les conséquences des essais nucléaires" et notamment en ce qui concerne l'aspect sanitaire de la population : "De plus en en plus d'enfants, de plus en plus de familles sont touchés par des cancers, des leucémies, des maladies de la thyroïde..."

"Nous attendons que le discours change radicalement" sur les essais nucléaires (association 193)

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Cette association appelle donc à manifester "pacifiquement, sans propos grossier, ni raciste, ni anti évangélique" à chaque étape du parcours du président de la République.

Sur son parcours, François Hollande devrait aussi trouver des vétérans du centre d'expérimentation du Pacifique regroupés dans l'association Mururoa e Tatou qui demandent la révision de la loi Morin sur l'indemnisation des victimes des essais nucléaires de 1966 à 1996. Seules 2% des demandes ont abouti à des indemnisations.

Enfin les habitants s'inquiètent aussi de la présence de plutonium, enfoui sous des dalles de béton, sur l'île de Hao qui servait de base militaire pendant les essais. Des dalles fragiles, selon les associations qui craignent qu'elles s'envolent en cas d'ouragan.