Le géant des pesticides Monsanto pourrait être interdit d'accès au Parlement européen

Les eurodéputés voulaient entendre des responsables de l'entreprise américaine lors d'une audition, mais l'entreprise s'y est opposée dans un courrier dont le ton a déplu aux chefs des groupes politiques.

Des militants manifestent contre Monsanto devant le siège de la Commission européenne, le 19 juillet 2017 à Bruxelles.
Des militants manifestent contre Monsanto devant le siège de la Commission européenne, le 19 juillet 2017 à Bruxelles. (ALEXANDROS MICHAILIDIS / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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L'entreprise Monsanto bientôt persona non grata à Bruxelles ? Les chefs des groupes politiques du Parlement européen ont demandé d'interdire l'accès de l'institution aux cadres et lobbyistes du géant de l'agrochimie. L'entreprise a en effet refusé d'assister à une audition, et a motivé son choix dans un courrier qui n'a pas été apprécié par les destinataires.

"Un manque de respect profond pour l'institution" 

Cette lettre "montrait un manque de compréhension et de respect profond d'une institution publique démocratiquement élue", résume à l'AFP un porte-parole du Parlement. Les présidents de groupes ont donc "adopté hier une recommandation au secrétaire général d'interdire l'accès du Parlement européen aux représentants de Monsanto", a-t-il expliqué.

Le 11 octobre prochain, les eurodéputés voulaient interroger l'entreprise sur les "Monsanto papers", des documents déclassifiés par la justice américaine qui montrent, selon les médias, que le groupe américain a pesé sur la rédaction d'études scientifiques. Mais l'entreprise a opposé un refus catégorique.

[Monsanto n'a] pas (...) le sentiment que la discussion telle que proposée est le forum approprié pour aborder de tels sujets.

Monsanto

courrier à la conférence des présidents du Parlement

La procédure est toujours en cours. Le secrétaire général doit encore "rédiger une note qui sera soumise mardi pour approbation aux questeurs" du Parlement, qui sont responsables des questions administratives et financières au sein de l'institution.

L'affaire survient en plein débat sur le glyphosate

Monsanto commercialise notamment le RoundUp, un produit dont le principe actif est le glyphosate. La licence de cet herbicide controversé expire fin 2017 et la Commission européenne recommande une nouvelle autorisation pour dix ans. Elle souhaite que les Etats membres se prononcent rapidement pour ou contre ce renouvellement, dans un vote à la majorité qualifiée.

L'agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) a récemment été accusée par des médias d'avoir reproduit des arguments des fabricants de pesticides, parmi lesquels Monsanto, dans un rapport sur le glyphosate qui a servi de base à la recommandation de renouvellement de la Commission.

>> Glyphosate : une agence européenne a copié-collé un rapport de Monsanto

L'agence, elle, avait rejeté ces critiques en expliquant que les documents cités par les médias ne faisaient pas partie du rapport de l'Efsa, mais de notes fournies par l'Etat membre rapporteur auprès de l'agence dans ce dossier.