Ils testent leur urine devant la Commission européenne pour dire non au glyphosate

Alors que les Etats membres de l’UE ont de nouveau échoué jeudi à trouver un accord sur le renouvellement de la licence du glyphosate, la mobilisation citoyenne se poursuit.

Rassemblés devant la Commission européenne à Bruxelles, le 8 novembre 2017, des citoyens européens font la queue pour tester si leur urine contient du glyphosate.
Rassemblés devant la Commission européenne à Bruxelles, le 8 novembre 2017, des citoyens européens font la queue pour tester si leur urine contient du glyphosate. (EMMANUEL DUNAND / AFP)
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Laxmi LotaRadio France

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La proposition de Bruxelles sur un renouvellement de la licence du glyphosate pour cinq ans n'a pas trouvé de majorité, jeudi 8 novembre, lors du nouveau vote des 28 Etats membres de l'Union européenne. Alors que la licence de ce pesticide potentiellement cancérigène expire le 15 décembre, des citoyens continuent de se mobiliser. Mercredi, à Bruxelles, à l'initiative du mouvement Avaaz, des dizaines de parents et d'enfants sont venus tester leur urine devant la Commission européenne pour savoir si elle contient du glyphosate.

Dans la queue, flacon transparent à la main, Jean Beckers explique sa démarche : "Je suis curieux de savoir. Tout ce que je mange est bio, mais je ne suis pas certain d'être à l'abri plus que les autres."

Je suis grand-père, et si les dirigeants de ces grandes multinationales ont des petits-enfants, vraiment, ils sont pervers

Jean Beckers, citoyen de l'UE anti-glyphosate

à franceinfo

Sandrine, elle, est venue avec ses deux filles, Emilie et Rosalie, 11 et 9 ans. Elle leur a expliqué ce qu'était le glyphosate. Les fillettes le disent avec leurs mots d'enfants : "C'est un pesticide can-ci-ro-gène, ou un truc dans le genre ! C'est mauvais pour le corps, je crois. On a dû faire pipi dans un petit pot pour qu'ils fassent des analyses pour savoir si on a du glyphosate dans le corps." 

Dans la file, Etienne est accompagné de toute une petite troupe : "Luz, mon épouse Marie, ma première fille Rose, et on a aussi le bébé dans le ventre de ma femme", énumère-t-il. Lui aussi mange essentiellement de la nourriture bio, "mais on s'attend à ce qu'il puisse y avoir quand même contamination d'une manière ou d'une autre, soit de la nourriture, soit, peut-être, de l'eau". Il espère qu'il n'y aura rien, mais il ne s'estime "pas à l'abri d'une mauvaise surprise"

Trois semaines pour connaître les résultats 

Etienne souhaite que l'Union européenne se décide : "C'est assez drôle de voir comment ils se relancent la patate chaude. Je crois qu'il faut prendre une décision courageuse et faire un saut vers l'inconnu, en se disant qu'il y a déjà des gens qui l'ont fait de leur côté, notamment des producteurs. On a envie d'y croire en tout cas."

Les résultats de ces tests d'urine seront connus dans trois semaines. Pour Julie Deruy, du mouvement Avaaz, l'idée de cette action est "d'alerter les représentants des citoyens européens et de leur montrer que les gens sont très inquiets pour leur santé, à juste titre".

La mobilisation citoyenne ne faiblit pas : [les États membres] doivent prendre la bonne décision.

Julie Deruy, du mouvement Avaaz

à franceinfo

Et si les Etats membres de l'UE ont échoué, jeudi, à trouver un accord, le Parlement européen quant à lui a voté une résolution demandant une "sortie" du glyphosate et non un renouvellement. C'est ce que demandent plus d'un million de citoyens signataires d'une pétition européenne contre le glyphosate, avec des mesures d'accompagnement pour les agriculteurs. Mais ce n'est pas ce que propose la Commision européenne pour le moment.