DIRECT. "Cash investigation" : "Je ne pensais pas qu'on utilisait aussi massivement des pesticides dangereux en France"

Le journaliste de "Cash investigation", Martin Boudot, a répondu à vos questions dans notre direct.

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France Télévisions

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Ce qu'il faut savoir

Francetv info organisait un chat, mercredi 3 février à 14 heures, avec Martin Boudot, le journaliste de "Cash investigation", qui a mené l'enquête sur les pesticides dangereux les plus utilisés en France.

Quels sont les risques des pesticides pour la santé ? Francetv info détaille les conséquences pour la santé de ceux qui utilisent ou qui subissent les pesticides. 

Quels pesticides dangereux sont utilisés près de chez vous ? Francetv info vous propose une carte pour repérer quel qont les départements qui utilisent le plus de pesticides dangereux.

Témoignage. "Mon histoire, c'est celle de tous les agriculteurs", assure Dominique Marchal, céréalier de Meurthe-et-Moselle. Le témoignage de cet agriculteur, atteint d'un cancer depuis 2002, est à lire ici.

Le live

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#PESTICIDES

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15h11 : Merci à tous pour votre participation et merci à Martin évidemment pour ses réponses ! Je vous rappelle que vous pouvez toujours regarder en replay ce dernier numéro de "Cash investigation" sur notre site.

15h06 : Merci à tous pour vos (très) nombreuses questions. Et désolé de ne pas avoir pu répondre à toutes ! Pour ceux qui veulent poursuivre la discussion, n'hésitez pas à me suivre sur Twitter, j'essaie (autant qu'il se peut) de répondre aux questions que l'on me pose. Très bon après-midi à vous :)

15h04 : Bravo Martin Boudot, votre enquête est d'une grande rigueur et d'une grande qualité ! un message très fort qui nous va droit au coeur.

15h04 : Bonjour bonjour ! Un grand bravo pour votre émission.

15h03 : Merci pour votre reportage diffusé en début de soirée!

15h03 : Je n'ai qu'un mot à vous dire : Bravo. Vous avez fait un travail remarquable et beaucoup de journalistes devraient prende modèle sur vous.

15h03 : Merci vraiment d'avoir eu la volonté de dénoncer ces pratiques !

15h01 : J'ai été tout seul, du début à la fin. J'ai eu un enquêteur qui est venu me donner un coup de main au début, puis un caméraman et un monteur. Et évidemment, une rédaction en chef, dont Elise Lucet, qui m'aiguille et me conseille. Nous ne sommes pas beaucoup au final. En revanche, j'ai travaillé longtemps pour cela : entre 10 et 12 mois pour cette enquête.

15h00 : Combien de temps avez-vous enquêté ? Et avec combien de journalistes ? Cela nous permettrait au public de savoir combien coûte le vrai journalisme !! :)

15h00 : @fandel'émission : Alors, une bonne nouvelle, sachez que les parcelles bio augmentent en France. En Europe, on a la plus grande surface agricole utile de bio. Je sais aussi que l'utilisation globale de pesticides, dans certains pays occidentaux, est en train de diminuer. D'ailleurs, Monsanto est obligé de licencier car les ventes de Round up diminuent...

14h57 : Bonjour Martin, avez-vous eu des retours qui pourraient donner un peu d'espoir pour l'avenir au sujet de ces lobbys !? Merci et bravo pour le travail de toute l'équipe.

14h56 : @zouz Oui, tout à fait ! Je faisais déjà attention à la trace carbone et à privilégier le local avant, mais pour tout vous dire, je suis en train de passer au tout bio. Je deviens un peu intégriste là-dessus ;)

14h55 : Avez-vous changé votre comportement alimentaire depuis votre enquête ?

14h55 : Ah, ah, bonne question ! Je dois dire que je ne pensais pas que les recherches sur l'autisme étaient aussi avancées sur l'impact des produits chimiques. Cela m'a vraiment surpris. Je ne pensais pas qu'il s'agissait d'une pathologie en augmentation. Et je ne pensais pas non plus - ça c'est en découvrant les chiffres - qu'on utilisait aussi massivement des pesticides dangereux en France.

14h54 : Bonjour et bravo pour votre enquête. Et vous Martin, si vous deviez retenir une seule chose de votre enquête... Qu'est-ce qui vous a le plus marqué ? Merci.

14h53 : @anonyme : Ils ont le droit et c'est pour ça que c'est dans le commentaire. Il s'agit de lobbying, une activité encadrée en France, mais légale à partir du moment où le député ou le sénateur déclare "le cadeau" qu'il a reçu en échange. Payer un restaurant, c'est considéré comme tel. Passé 150 euros, le parlementaire doit le déclarer.

14h52 : Les députés et sénateurs qui mangent "en famille" avec les producteurs de pesticides en ont-ils le droit, ou est-ce une pratique illégale ?

14h51 : @SabrinaL L'état de la science aujourd'hui ne permet pas de lier un pesticide en particulier à une maladie infantile, comme l'autisme par exemple. Ce qu'on a, ce sont des faisceaux de preuve scientifiques. Les chercheurs s'accordent pour dire que l'exposition aux pesticides aide au déclenchement de certaines pathologies. Ce qu'on peut faire, c'est analyser les urines, le sang ou les cheveux des enfants à la recherche de traces. Cela peut déjà faire réfléchir un agriculteur ou un viticulteur. Pour les allergies, c'est plus simple car c'est cutané. Et surtout la recherche est plus avancée que sur d'autres maladies.

14h49 : Bravo pour cette enquête, et pour votre ténacité à la vérité ? Comment savoir si les allergies de mes filles sont dues aux pesticides ? Nous habitons près de Strasbourg, à proximité de champs de culture de maïs et blé. Merci pour votre réponse. Cdt

14h46 : @Nila A mon avis, la première chose à faire, c'est engager un dialogue avec le viticulteur. Si on y va avec tact, on peut essayer d'avoir des informations sur les pesticides qu'il utilise. En ce qui concerne les droits, il faut savoir qu'en France, on n'a pas la droit d'épandre quand il y a plus de 19 km/h de vent. Il y a déjà eu des condamnations en France. Pour ce qui est des législations, je vous invite à vous rapprocher de votre mairie pour savoir, au niveau du cadastre, si on peut avoir une zone tampon de 5-10 m. Mais c'est sûr qu'il y a un flou juridique sur les obligations des agriculteurs ou viticulteurs à propos des riverains.

14h43 : Bravo et merci pour votre émission. Nous sommes locataires dans un joli petit village vigneron. Notre maison est à moins de 5 mètres d'une vigne. Nous n'avions pas réfléchi avant de nous installer dans ce charmant village, mais nous subissons chaque printemps, l'épandage de pesticides.

Ce dernier se fait à l'aide d'un tracteur et d'une "soufflerie", ce qui produit une impossibilité manifeste de maîtriser la dérive des pesticides pulvérisés. Nous n'avons aucune haie pour nous protéger, j'ai beau fermer toutes mes fenêtres et volets à leur passage, ma maison n'est pas un abri étanche...

Je ne cherche pas à mettre en péril l'activité du viticulteur, mais cherche à protéger ma famille, surtout que j'accouche d'une petite fille au mois de mars. Quels sont mes droits ? Quelles sont les démarches à entreprendre ? Merci.

14h43 : @anonyme et m00nlight2003.Il y en a plusieurs, et il n'y a pas que le bio. On a d'abord le biocontrôle, c'est-à-dire des gros insectes qui vont manger les plus petits (comme les coccinelles pour les pucerons). Cela marche très bien mais c'est dur à mettre en place sur les grandes cultures. Il y a aussi des produits de confusion sexuelle qui permettent d'éviter la reproduction des insectes nuisibles. Il y a la rotation des cultures et aussi la permaculture. Bref, tout un arsenal de moyens naturels (comme les haies) qui commencent d'ailleurs à être utilisés par les agriculteurs.

14h37 : Les agriculteurs peuvent ils vraiment se passer des pesticides, et si oui comment ?

14h37 : Quelles peuvent être les alternatives au pesticides pour l'agriculture?

14h36 : @stop-poisons et @anonyme. Oui, il est possible de lancer une "class action", d'autant qu'elles sont uniquement limitées aux thématiques "environnement" et "santé publique". On est donc en plein dedans ! Cela, c'est la voie juridique. Mais il est aussi possible de faire pression d'un point de vue politique sur le député de sa circonscription ou son maire afin de savoir comment organiser un dialogue avec les professionnels. Quant au lobby des industriels, je vous inviterais à vous rapprocher d'associations qui œuvrent sur ce point.

14h31 : Tout d'abord un très grand bravo pour votre investigation et le montage de votre reportage. J'achète bio tant que je peux depuis une information de ma gynéco il y a 10 ans sur le nombre de cancers dus aux pesticides. Quelle action collective pourrait-on mener pour faire changer les choses encore plus rapidement...? Merci encore

14h31 : Pensez-vous que les citoyens peuvent désormais prendre votre relais et mener une action de groupe en justice par exemple ?

14h31 : Il semblerait que le lobbying des pesticides est le même que celui du tabac toujours en cours et d'autres... Que font les associations de consommateurs ? Quel marge de manœuvre pour les citoyens ? La plainte contre l'Etat pour que les politiques prennent leurs responsabilités est-elle une option ?

14h29 : Il y a plusieurs façons. Déjà, faire attention à son alimentation, qui est un facteur important, en privilégiant les produits issus de l'agriculture raisonnée ou biologique, de manière locale. Quant à l'eau, il est possible de se renseigner sur le site eaufrance.fr qui informe sur la qualité de l'eau de sa commune. En sachant qu'elle est plutôt de bonne qualité en France. Pour ceux qui sont voisins de zones d'épandage, il y a un dialogue qui peut se mettre en place entre les riverains et les professionnels.

14h26 : Je suis enceinte et quel magnifique reportage ! Mais ça fait peur... Comment pouvons-nous faire pour éviter au maximum d'être en contact avec ces pesticides ?

14h26 : @anonyme Aujourd'hui, les agronomes estiment qu'il est possible de changer le monde agricole, sans utiliser de pesticides, sans forcément perdre de rendements. Mais on a encore des difficultés sur les monocultures (comme le blé ou le colza) parce que, comme il n'y a pas de diversité à l'intérieur, les nuisibles s'y développent plus rapidement.

Par ailleurs, je rappelle qu'il y a encore près de 800 millions de personnes qui souffrent de la faim dans le monde, malgré les grands rendements de l'agriculture. C'est donc aussi qu'il y a un problème de répartition, plus que de production.