Les populations d'animaux marins ont chuté de moitié en 40 ans

En cause : la surpêche, la pollution et le changement climatique, avertit l'ONG environnementale WWF dans un rapport.

Un banc de sardines. Les espèces essentielles à la pêche commerciale et de subsistance subissent le déclin le plus marqué, selon le WWF.
Un banc de sardines. Les espèces essentielles à la pêche commerciale et de subsistance subissent le déclin le plus marqué, selon le WWF. (PAOLO CURTO / AGF / AFP)
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Le bilan est dramatique pour notre planète. Les populations d'animaux marins (mammifères, oiseaux, reptiles et poissons) ont chuté de moitié depuis les années 1970 du fait de la surpêche, de la pollution et du changement climatique, alerte l'ONG environnementale WWF mercredi 16 septembre.

Dans son rapport, le WWF explique que son indice Planète vivante des populations marines, qui mesure la tendance suivie par les populations d'animaux marins, "a enregistré une régression de 49% entre 1970 et 2012". Certaines ont même vu leur effectif fondre de près de 75%, s'alarme le WWF, dont l'étude est effectuée sur une base d'observation de 5 829 populations appartenant à 1 234 espèces.

 Thon, maquereau et bonite en fort déclin

"L'action de l'homme est à l'origine de ces tendances : de la surpêche et des industries extractives à l'aménagement du littoral et à la pollution, en passant par les émissions de gaz à effet de serre responsables de l'acidification océanique et du réchauffement des mers", dénonce l'organisation internationale basée en Suisse.

Et l'appétit de l'homme pour le poisson ne cesse d'augmenter : à l'échelle mondiale, la consommation moyenne par habitant est passée de 9,9 kg dans les années 1960 à 19,2 kg en 2012. Ce sont, sans surprise, les espèces essentielles à la pêche commerciale et à la pêche de subsistance qui subissent le déclin le plus marqué. Il est notamment de 74% pour les effectifs de la famille englobant le thon, le maquereau et la bonite.

En Méditerranée, 89% des stocks sont déjà épuisés

Autre motif d'inquiétude : les récifs coralliens et prairies sous-marines pourraient disparaître du globe d'ici 2050 sous l'effet du réchauffement climatique. Or, sachant que plus de 25% des espèces marines y habitent et que près de 850 millions de personnes bénéficient directement de leurs services économiques, sociaux et culturels, la perte des récifs coralliens représenterait une "extinction catastrophique, aux conséquences dramatiques sur les communautés".

A titre d'exemple, la mer Méditerranée est l'une des plus anciennes zones de pêche du globe et fait vivre les hommes depuis des siècles. Mais elle est aujourd'hui largement surexploitée : quelque 1,5 million de tonnes de poisson y sont prélevées chaque année et 89% des stocks sont épuisés.