Le très critique rapport sur le projet de barrage de Sivens

Alors qu'un jeune militant a été tué ce week-end sur le site de ce barrage contesté, découvrez ici le rapport réalisé à la demande de la ministre de l'Energie. Il a été rendu public ce lundi.

(Le site du barrage de Sivens a déjà été déboisé © MAXPPP)
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 Le choix d'un barrage, il a été fait "sans réelle analyse des solutions alternatives possibles. Et "ceci est d'autant plus regrettable que le coût d'investissement par rapport au volume stocké est élevé". L'estimation des besoins a été réalisée "sur des données anciennes et forfaitaires", ce qui a conduit à une "surestimation".  Et le contenu de l'étude d'impact est "très moyen."

Le moins qu'on puisse dire, c'est que le rapport rédigé  par deux ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts est très critique sur le projet du barrage de Sivens. Sans oublier parmi les autres griefs, un problème financier ou plutôt un "problème de compatibilité entre les règles d'intervention du FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural) et les règles applicables en matière d'aide publique" qui pourrait donner lieu à une "interprétation plus sévère" de l'Europe. 

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"Pas de base légale" pour un arrêt du chantier

Mais pour les auteurs de ce rapport, malgré ces critiques "et quand bien même des recours contentieux sont en cours devant la juridiction administrative", le gouvernement peut difficilement décider d'arrêter ce chantier. "Un arrêt pur et simple du chantier relève à ce stade de la seule décision du conseil général du Tarn, maître d’ouvrage. Une intervention ministérielle directe ordonnant l’arrêt, et demandée par certains, n’aurait pas de base légale. Les marchés ayant été passés avec les entreprises pour la réalisation du chantier."

Le conseil général du Tarn se défend, Delphine Batho accuse

Pour Thierry Carcenac, le président socialiste du conseil général du Tarn précise que  "les travaux ont commencé parce qu'il y a eu levée du moratoire et le conseil général n'a fait que suivre les documents signés en 2011 entre l'Etat et la chambre régionale d'agriculture. Et il a suivi le plan de gestion des étiages acté en 2003 et 2004," années de grandes sécheresses.  

 

"Les travaux ont commencé parce qu'il y a eu levée du moratoire" Thierry Carcénac, président du conseil général du Tarn
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Le barrage de Sivens "n'est pas un ouvrage d'intérêt général" 

Dans un premier temps, pourtant, Delphine Batho, alors ministre de l'Ecologie avait "donné instruction au préfet du Tarn de ne pas l'autoriser en juin 2013 parce qu'il y a un avis défavorable du conseil national de la protection de la nature". Invitée de France Info lundi à la mi-journée, elle explique qu'elle  "avait mis en place un moratoire sur ce type de projet qui serait financé à hauteur de 4,25 millions d'euros par les agences de l'eau, soit, en fait, par tous les consommateurs d'eau. Jamais l'Etat n'aurait du donner son assentiment à ce genre de projet et il est encore temps de l'arrêter."

 

Selon Delphine Batho, le barrage de Sivens "ce n'est pas un ouvrage d'intérêt général" mais un ouvrage "fait pour une minorité de 23 irrigants".

 

"Le barrage de Sivens n'est pas un ouvrage d'intérêt général" Delphine Batho, ex-ministre de l'Ecologie
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