Le taux de CO2 dans l'air au plus haut depuis trois millions d'années

Le taux de concentration du dioxyde de carbone a dépassé le seuil symbolique de 400 ppm.

Le taux de concentration du dioxyde de carbone dans l\'atmosphère a dépassé le seuil de 400 ppm.
Le taux de concentration du dioxyde de carbone dans l'atmosphère a dépassé le seuil de 400 ppm. (FU XINCHUN / IMAGINE CHINA / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Cela faisait trois millions d'années que notre air n'avait pas été si pollué. Le taux de concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère a dépassé jeudi 9 mai le seuil symbolique des 400 ppm selon l'Agence américaine océanique (NOAA). Inégalé depuis plusieurs millions d'années, ce niveau est le signe d'un réchauffement inquiétant.

Les relevés, effectués au-dessus du volcan Mauna Loa de Hawaï (Etats-Unis) ont montré une concentration de 400,03 particules par million (ppm) jeudi. Cette mesure de la qualité de l'air au-dessus de l'océan Pacifique est pour le moment considérée comme "préliminaire", selon la NOAA. Un instrument de mesure de l'Institut océanographique Scripps de San Diego (Californie, Etats-Unis) n'a d'ailleurs pas encore dépassé les 400 ppm, son dernier relevé jeudi affichant 399,73 ppm.

"Notre société va devoir faire face à des risques énormes"

Cette mesure est l'une des plus fameuses pièces à charge sur le rôle de l'homme dans le réchauffement du globe. Depuis les premières mesures, établies à 316 ppm en 1958, la courbe croît sans discontinuer. Jusqu'à la révolution industrielle et le recours massif aux énergies fossiles, ce taux n'avait pas dépassé les 300 ppm durant au moins 800 000 ans, selon des prélèvements dans la glace polaire.

"Les calottes polaires étaient plus petites et le niveau des mers était environ 20 mètres plus haut qu'aujourd'hui. Nous sommes en train de créer un climat préhistorique dans lequel notre société va devoir faire face à des risques énormes et potentiellement catastrophiques", a noté Bob Ward, directeur de la communication de l'Institut de recherche Grantham sur le changement climatique et l'environnement, à la London school of economics and political science.

Une hausse moyenne de +2,4°C

L'objectif de la communauté internationale est de contenir le réchauffement climatique à +2°C par rapport aux niveaux pré-industriels. Or, ces 400 ppm mettent la planète sur la trajectoire d'une hausse moyenne de 2,4 degrés. Mais ce qui inquiète le plus Michael Mann, spécialiste du climat à l'université de Penn State, c'est la vitesse avec laquelle les concentrations de CO2 augmentent.

"Il a fallu à la nature des centaines de millions d'années pour modifier les concentrations de CO2 à travers des processus naturels, comme l'enfouissement du carbone. Et nous nous le déterrons, mais pas sur 100 millions d'années. Nous le déterrons et le brûlons sur une échelle de 100 ans, un million de fois plus vite", explique-t-il.