Le centre d'enfouissement radioactif de Bure va-t-il se transformer en ZAD ?

La Meuse devrait accueillir d'ici dix ans un centre d'enfouissement de déchets radioactifs. Le projet a été adopté via un amendement de la loi Macron. La mobilisation contre ce site commence déjà à s'organiser. Pendant dix jours, les activistes se réunissent à Bure.

(Le futur centre d'enfouissement de déchets radioactifs est situé à Bure, dans la Meuse © Sipa)
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Débats, rencontres, tables rondes, échanges sur les méthodes de mobilisation ou de pression sur le gouvernement... pendant dix jours, plus d'une centaine de militants se réunissent à Bure, dans la Meuse, pour protester contre le projet d'enfouissement de déchets nucléaires qui doit voir le jour d'ici 2025. Ce dernier a été inséré dans la loi Macron, définitivement adoptée le 10 juillet dernier. 

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L'objectif à terme est de transformer ce camp en ZAD (Zone à défendre), sur le modèle de celles de Notre-Dame-des-Landes et de Sivens. Un objectif que craint Stéphane Martin, le maire de Gondrecourt-le-Château, à 15 kilomètres de Bure. "Il n'y  a pas lieu d'être inquiet" pour ces dix jours de manifestations, "il ne faudrait juste pas qu'il s'agisse de la préparation d'une ZAD ". 

(Les militants antinucléaires manifestent contre le centre d'enfouissement de Bure depuis une vingtaine d'années. En 1998 ils appelaient à la démission de Dominique Voynet, ministre de l'environnement © Reuters)

Une myriade d'associations anticapitalistes, écologistes, altermondialistes...

Car les activistes ne sont pas seulement antinucléaires. Ils sont surtout "anticapitalistes et antiautoritaire " ainsi qu'ils l'ont inscrit sur les banderoles. Ils viennent de tous les horizons : associations altermondialistes, écologistes, contre-sommets... S'il manifestent contre ce projet d'enfouissement nucléaire, ils sont également de fervents opposants au TAFTA, le traité de libre échange avec les Etats-Unis et réflechissent à leur mobilisation pendant la COP21, à Paris, à la rentrée.

Centre d'enfouissement de déchets radioactifs à Bure : le débat entre Stéphane Martin, maire d'une commune limitrophe, et Stéphane Lhomme, directeur de l'Observatoire du nucléaire
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Stéphane Lhomme, directeur de l'Observatoire du nucléaire, récuse la crainte de Stéphane Martin : "Les déchets sont bien plus dangereux que ces zadistes, pour la plupart des jeunes qui veulent sauver l'environnement ." Il accuse le maire de Gondrecourt-le-Chateau de "corruption légale " : il accepterait ce projet uniquement pour "la gigantesque somme d'argent public déversée sur la région ."

Pas de confrontation avec la police

Aucune action ou marche n'est prévue jusqu'au lieu du futur centre d'enfouissement : les manifestants, comme le Préfet, veulent éviter les affrontements. 

La semaine dernière, beaucoup de gendarmes étaient présents, mais pas de déploiement massif de CRS, seulement des patrouilles visibles. 

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