La Russie a empêché, mardi 16 juillet, l'adoption de deux propositions de création d'aires marines protégées (AMP) visant à renforcer la protection de l'Antarctique, lors d'une réunion exceptionnelle à Bremerhaven (Allemagne), selon une coalition d'ONG impliquées dans la préservation de la région. Deux propositions visant à instituer d'immenses aires marines protégées (AMP) ont été discutées lundi et mardi par les membres de la Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR). La CCAMLR est composée de 24 Etats et de l'Union européenne.

"Pour parvenir à un accord sur les deux propositions d'établissement d'AMP, il aurait fallu que les pays membres disposent de bien davantage de temps que celui de la réunion spéciale de deux jours", a estimé mardi soir la Convention sur son site internet, précisant que les discussions "se poursuivront jusqu'à la réunion annuelle de la CCAMLR en octobre 2013" où pourront avoir lieu de "nouveaux débats". La Convention n'a pas commenté directement la nature du blocage.

Ecosystèmes exceptionnels

Selon l'Alliance pour l'océan antarctique (AOA), une coalition d'une trentaine d'ONG, la Russie, avec le soutien de l'Ukraine, a empêché l'adoption de ces propositions par consensus en soulevant des questions juridiques sur le fait de savoir si cet organisme avait le droit d'instaurer ces aires. La coalition d'ONG voit dans le blocage des propositions par la délégation russe "une extraordinaire occasion perdue" pour protéger la région.

Deux projets étaient sur la table : l'un concernant la création d'une aire marine protégée dans la mer de Ross, au sud-ouest de l'Antarctique, l'autre prévoyant un réseau de sept AMP sur la façade est de l'Antarctique. Les eaux de l'océan austral autour de l'Antractique abritent des écosystèmes exceptionnels en bonne partie préservés des activités humaines mais désormais menacés par le développement de la pêche. Cette zone abrite notamment des milliers d'espèces d'animaux, dont d'importantes populations d'oiseaux, de phoques, de baleines et de pingouins qui trouvent leur alimentation dans les eaux australes.