La politique de recyclage de la France est "désastreuse" selon l’UFC-Que choisir

Un quart des déchets seulement sont recyclés en France. C'est moitié moins que la moyenne européenne. En cause, une organisation du tri "désastreuse" juge l'association UFC-Que choisir qui a rendu publique jeudi une étude sur le sujet.

(L'organisation du recyclage en France est "désastreuse" selon UFC-Que choisir, qui rend une étude très critique ce jeudi. © MaxPPP)
Radio France

Mis à jour le
publié le

La situation du recyclage en France est "désastreuse tant sur le plan économique qu’environnemental" , dénonce UFC-Que choisir, dans une étude parue ce jeudi. D’après l’association de consommateurs, la facture des ménages a augmenté de 24 % entre 2008 et 2012, alors que la collecte sélective n’a connu que 7 % de hausse entre 2005 et 2011. Le système français souffrirait de "profondes lacunes ", à en croire l'étude.

La France à la traîne de l'Europe

La France reste loin des objectifs de recyclage fixés par l’Europe : un quart des déchets ménagers sont recyclés (hors compost), selon une étude de l’institut Eurostat de 2012, soit moitié moins que la moyenne européenne. Le pays est encore loin de l’objectif européen de 50 % de recyclage en 2020, et 70 % en 2030. "Cette situation ne peut perdurer, où les déchets continuent d'augmenter, et le coût aussi , s’agace Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir. Il y a une urgence économique et écologique ." Il estime que responsabiliser le consommateur est essentiel, mais insuffisant et qu’"aujourd’hui les outils sont notoirement insuffisants" .

Les éco-organismes visés

UFC-Que choisir cible ainsi les éco-organismes, les sociétés chargées de la fin de vie des produits. Ces entreprises, une vingtaine en France, ne respectent pas leurs objectifs, explique l’association, du fait d’une manque de contrôle de leur activité, et de règles parfois peu contraignantes. Autre problème majeur, pour Gérard Quenot, membre de l’UFC-Que choisir, ces entreprises n’ont aucun intérêt à réduire les déchets, puisqu’elles en tirent leurs revenus. Elles ne participent ainsi que trop rarement aux différentes campagnes de prévention.

Gérard Quenot, membre de l’UFC-Que choisir : "Les éco-organismes ne sont pas motivés à réduire le volume des déchets. Ce serait une baisse de leur chiffre d’affaires."
--'--
--'--

Certains élus locaux partagent le constat fait par UFC-Que choisir. Pour Nicolas Garnier, délégué général de l’Association nationale des collectivités pour la gestion des déchets, l’Amorce, les éco-organismes ne contribuent pas assez au financement du tri des déchets.

"A chaque fois que vous mettez un journal dans une benne, ce sont les impôts qui vont payer. Une grande partie du coût du recyclage est payé par les impôts locaux."

Il estime que la charge financière revient trop souvent aux collectivités locales, et se répercute sur les impôts locaux.

Nicolas Garnier, délégué général de l’Association nationale des collectivités pour la gestion des déchets, l’Amorce : "Le coût de la gestion des déchets, c’est 120 euros par habitant et par an."
--'--
--'--

Les Français peu renseignés

UFC-Que choisir identifie aussi dans son étude un manque d’information. 59 % des personnes interrogées pensent par exemple que le point-vert sur un emballage signifie qu’il est recyclable. Ce pictogramme signifie en réalité que "que le producteur adhère au dispositif de valorisation des emballages et respecte donc ses obligations légales ". Toujours selon cette étude, menée auprès de 632 personnes dans 64 départements, peu est fait pour renseigner les ménages : une personne sur trois déclare avoir déjà reçu une information sur le tri.

Dans le contexte du débat parlementaire sur la loi sur la transition énergétique, l’association recommande une signalétique plus simple sur les emballages, en utilisant le "triman", le logo unique de recyclage, entré en vigueur en janvier dernier, mais dont l'usage est encore confidentiel. Parmi ses autres demandes, une communication coordonnée, et surtout, la création d’une autorité administrative indépendante chargée de contrôler les éco-organismes.