Le dossier du maïs transgénique rebondit une nouvelle fois en France. Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a annoncé vendredi 16 mars "une mesure conservatoire visant à interdire temporairement" la culture du maïs Monsanto (MON810) afin de "protéger l'environnement". Cette décision a été motivée par "la proximité des semis". L'arrêté du ministre de l'Agriculture sera publié dimanche au Journal officiel.

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement prend une telle décision. Un moratoire sur les cultures OGM avait en effet déjà été lancé par la France en février 2008. Mais cette mesure avait finalement été invalidée par la Cour européenne de justice de Luxembourg et le Conseil d'Etat.

En attendant la décision européenne, Paris est dans son droit

Fin février, le gouvernement avait insisté en réclamant à la Commission européenne de suspendre l'autorisation de mise en culture du maïs MON810. La ministre de l'Ecologie de l'époque, Nathalie Kosciusko-Morizet, avait alors promis qu'il n'y aurait "pas de culture de maïs OGM en plein champ en France".

 

Au lendemain de la demande du gouvernement français, le réseau France nature environnement (FNE) avait indiqué que la France n'était "pas tenue d'attendre une réponse" des autorités européennes pour interdire les semis de maïs MON810. "Si un pays estime qu'il y a urgence, il peut prendre des mesures sans attendre la réponse de la Commission, qui pourrait demander plusieurs semaines", avait alors précisé le responsable du dossier OGM à FNE.