CARTES. Cinq planisphères pour comprendre pourquoi l'humanité vit au-delà des capacités de la Terre

Déforestation, surpêche et émissions de CO2 records… De nombreux pays consomment plus que ce que permettent leurs ressources naturelles. Démonstration en cinq cartes. 

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Sur le plan environnemental, nous vivons désormais à crédit jusqu'à la fin de l'année. Agriculture, pêche, déforestation, émissions de CO2… Depuis le début des années 2000, et en se basant sur les données des Nations unies, l'organisation Global Footprint Network (GFN) calcule le jour à partir duquel la planète vit au-delà des ressources naturelles dont elle dispose réellement.

Autrement dit, ce baromètre compare l’exploitation des ressources naturelles de la planète par l'homme à la biocapacité de la Terre à se régénérer. Et le constat est sans appel : depuis 1970, cette date avance chaque année de trois jours par an en moyenne ! En 2000, elle se situait par exemple au 1er novembre. Cette année, elle se situe au 13 août.

Seuls 57 pays sur 181 préservent leurs ressources

Pour établir son classement, l'organisation GFN a établi une unité de valeur : l'hectare global par habitant (gha), qui mesure les ressources naturelles dont dispose un pays. En France, la biocapacité totale s'élève à 2,9 gha. Problème : notre consommation, elle, s'élève à 4,2 gha. Nous vivons donc au-dessus de nos moyens environnementaux.

A travers le monde, c'est aussi le cas de 123 autres pays. Parmi les plus mauvais élèves figurent notamment des pays du Golfe, comme le Koweït, les Emirats arabes unis ou le Qatar.

A l'inverse, 57 pays préservent les ressources dont ils disposent. C'est le cas de la plupart des pays d'Amérique du Sud, mais aussi de la Finlande, du Canada, de l'Australie. De vastes pays aux importantes ressources naturelles, dont la densité de population est faible.

Plus de la moitié sont en déficit agricole

Si la France parvient à préserver son capital agricole, ce n'est pas le cas de la plupart des pays européens comme l'Italie, le Portugal, la Belgique ou la Norvège. Mais le nord de l'Afrique et le Moyen-Orient sont les régions du monde dans lesquelles les déficits sont les plus élevés. Mais ils s'expliquent davantage par la très faible biocapacité agricole de ces pays (en raison d'un climat défavorable à l'agriculture), plutôt que par une surconsommation des ressources.

Une trentaine de pays consomment trop de poissons

Au total, une trentaine de pays consomme trop de poissons. La France figure dans cette liste, tout comme l'Espagne, le Japon, la Chine ou la Corée-du-Sud.

Environ 15% des réserves de bois sont consommées chaque année

L'étude de Global Footprint Network montre que la plupart des pays consomment moins de bois que ce dont ils disposent réellement. C'est particulièrement vrai pour de grands pays très boisés, comme le Canada, la Russie ou le Brésil. Le Royaume-Uni, la Belgique ou le Danemark font figure d'exception, en affichant une surconsommation de bois par rapport à la capacité limitée de leur territoire.

Plus de 60% des pays ont un bilan carbone négatif

Le bilan carbone est calculé en fonction des émissions de carbone d'un pays, par rapport à sa capacité à les absorber grâce à son patrimoine végétal. C'est l'indicateur qui exerce actuellement la plus grosse empreinte écologique de l'homme sur la planète. Les pays du Golfe, comme le Koweït, le Qatar, les Emirats arabes unis ou Bahreïn, obtiennent des bilans carbone les plus négatifs, notamment à cause de leur maigre capital forestier et de leur surconsommation de pétrole.

Les Etats-Unis, tout comme la plupart des pays européens, sont eux aussi du côté des mauvais élèves. Les pays du nord de l'Europe, le Canada ou le Brésil, à l'inverse, ont un bilan carbone positif, notamment en raison de leur densité de population peu élevée et de leurs vastes superficies boisées.