Calanques en danger : Alteo autorisé à rejeter en mer ses boues rouges

Dans les Bouches-du-Rhône, une usine chimique pollue le parc national des Calanques avec les boues rouges qu'elle rejette. Explications.

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FRANCE 2

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Les Calanques de Marseille (Bouches-du-Rhône), au coeur d'un parc naturel, vont continuer à abriter des rejets industriels. Le préfet de la région a validé la demande de  l'usine Alteo de rejeter en mer les résidus de sa production d'aluminium, appelé boues rouges, pour six années de plus. Un revers important pour les défenseurs de l'environnement. "On se rend compte que l'industrie va pouvoir continuer à rejeter une partie liquide toxique en mer sans tenir compte des seuils qui sont fixés", explique Olivier Dubuquoy, du collectif Non au rejet des boues en mer.

Un chantage à l'emploi ?

Depuis près de 50 ans, Alteo bénéficie du droit d'expédier ses résidus au fond de la mer. Une autorisation qui devait expirer fin 2015, mais l'entreprise avait obtenu une dérogation après avoir pris des mesures. Désormais, les résidus solides sont stockés à terre, seuls des fluides transparents sont rejetés, toujours chargés en aluminium, en fer et en arsenic, au-delà des seuils autorisés. L'enjeu économique pourrait avoir pesé dans cette décision. Alteo, leader mondial de l'aluminium, génère 400 emplois directs sur le site de Gardanne. Opposée à cette autorisation, Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, parle d'un chantage à l'emploi. L'usine reste soumise à un contrôle périodique de l'Union européenne. En attendant, ce sont plus de 20 millions de tonnes de boue rouge qui tapissent les fonds marins depuis 50 ans.

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Une vue du parc national des Calanques, dans les Bouches-du-Rhône, photographié le 21 septembre 2015.
Une vue du parc national des Calanques, dans les Bouches-du-Rhône, photographié le 21 septembre 2015. (GARDEL BERTRAND / HEMIS.FR / AFP)