Mort de Rémi Fraisse : manifestation tendue à Rennes

Près de 200 personnes ont défilé dans les rues de la ville jeudi. Des incidents et des dégradations ont eu lieu dans la soirée.

A Rennes (Ille-et-Vilaine), des manifestants avaient déjà dénoncé, lundi 27 octobre, les violences policières après la mort de Rémi Fraisse.
A Rennes (Ille-et-Vilaine), des manifestants avaient déjà dénoncé, lundi 27 octobre, les violences policières après la mort de Rémi Fraisse. (CITIZENSIDE / KÉVIN NIGLAUT / AFP)
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Nouvelle manifestation à Rennes (Ille-et-Vilaine) après la mort de Rémi Fraisse. Près de 200 personnes ont défilé, jeudi 30 octobre, pour dénoncer la mort du jeune opposant au barrage de Sivens (Tarn). Avant le départ du cortège, les manifestants ont distribué un tract dénonçant la "terreur policière" qui ne "saurait survivre à la mort d'un camarade". Il lançait aussi l'appel suivant : "Bloquez vos lycées et universités ! Bloquons les villes, les gares, occupons la rue."

Partis du quartier de Villejean, près des universités de l'ouest de Rennes, les manifestants, dont de nombreux étaient cagoulés, se sont dirigés vers le centre-ville en scandant : "Vengeance pour Rémi" ou "Flics, porcs, assassins !", derrière une banderole où il était écrit "Vengeance pour tous". Ils ont également tagué sur leur passage de nombreux bâtiments. Arrivés aux abords du centre-ville, vers 20 heures, les manifestants ont été bloqués par un important dispositif des forces de l'ordre. 

Trois personnes interpellées

Peu après 21 heures, les manifestants ont reflué vers les quartiers ouest, brisant une dizaine de vitrines (agences immobilières et bancaires notamment) et du mobilier urbain, poursuivis par les policiers de la BACVers 21h30, plusieurs feux étaient allumés dans l'artère principale, enfumée par les grenades lacrymogènes, dans laquelle avaient reflué les manifestants.

Bernard Cazeneuve, a condamné "fermement les violences qui se sont produites ce soir à Rennes, en marge d'un rassemblement non déclaré", selon un communiqué du ministère de l'Intérieur, qui précise qu'"il a été procédé à trois interpellations suivies de placements en garde à vue"

Le préfet d'Ille-et-Vilaine, Patrick Strzoda, présent au cœur du dispositif peu après 22 heures a dénoncé la présence de "militants d'extrême gauche violents" avec des méthodes de "Blacks Bloc" (militants anti-capitalistes radicaux). "Les forces de l'ordre ont été agressées plusieurs fois avec des objets incendiaires", a-t-il ajouté. Des manifestants sur place ont indiqué aux journalistes qu'il y avait eu des blessés parmi eux, sans préciser le nombre ni la gravité.