En Bolivie, le pape demande "pardon aux peuples autochtones"

Le pape François poursuit son voyage en Amérique latine. Il était jeudi à Santa Cruz, en Bolivie. Il a prononcé un discours historique d'une heure où il a non seulement demandé pardon "aux peuples autochtones" mais aussi appelé à un nouvel ordre économique mondial.

(Le pape François lors de son discours à Santa-Cruz (Bolivie) le jeudi 9 juillet © SIPA - Gregorio Borgia)
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Radio France

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Une nouvelle fois, le pape François a marqué les esprits lors d'un discours historique à l'occasion de son voyage sud-américain. Jeudi à Santa Cruz en Bolivie, pendant une heure et sous les applaudissements et les vivats, il a demandé "pardon pour les offenses de l'Eglise" et dénoncé le nouveau "colonialisme économique". 

"Je vous le dis avec regret : beaucoup de pêchés graves ont été commis contre les peuples autochtones d'Amérique au nom de Dieu"

Sans détour, il est revenu sur l'attitude de l'Eglise au moment de la conquête du continent américain. "Je demande humblement pardon, a-t-il déclaré, non seulement pour les offenses de l'Eglise elle-même mais aussi pour les crimes commis contre les peuples autochtones lors de la soi-disant conquête de l'Amérique."   Des déclarations qui ont bien sûr trouvé un écho dans la salle.

"Le capital, érigé en idole"

Plusieurs milliers de représentants des paysans sans terre, des chiffonniers, des pêcheurs ou encore des indigènes de toute l’Amérique latine étaient réunis depuis trois jours, venus de Bolivie, d’Equateur, d’Argentine ou du Brésil, à l’invitation du président bolivien et leader de la gauche sud-américaine, Evo Morales. Une réelle ambiance de forum social, sous l’égide de l’Eglise catholique. 

"Les êtres humains ne doivent pas être au service de l'argent. Cette économie tue ! Cette économie exclue ! Elle détruit la Terre-Mère"

François n’y est pas allé de main morte au sujet de l'économie capitaliste. Il a dénoncé "des prêteurs sur gages, quelques traités dénommés de libre-commerce, et l’imposition de mesures d’austérité qui serrent toujours la ceinture des travailleurs et des pauvres" . Il a fustigé "le capital, érigé en idole" , qui commande toutes les options des êtres humains. "Quand l’avidité pour l’argent oriente tout le système socioéconomique, cela ruine la société, condamne l’homme, le transforme en esclave" .

"Disons non à une économie d'exclusion et d'injustices" Le pape François

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Pour le pape, une nouvelle économie est possible, "ce n’est pas une utopie" dit-il. "Les ressources disponibles dans le monde sont plus que suffisantes pour le développement intégral de l’homme" . Un discours qui donne le ton avant son voyage aux Etats-Unis en septembre prochain.