Dans le monde, plus d'un milliard de personnes n'ont pas d'identité officielle

Ces personnes vivent essentiellement en Afrique et en Asie, et près de deux tiers d'entre elles sont des enfants dont la naissance n'a pas été enregistrée. 

Certaines populations d\'Amazonie, éloignées de toute administration, peinent à se faire reconnaître officiellement.
Certaines populations d'Amazonie, éloignées de toute administration, peinent à se faire reconnaître officiellement. (APU GOMES / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Un septième de l'humanité n'a pas d'existence officielle, faute de preuves d'identité. D'après un récent calcul établi par la Banque mondiale dans le cadre de son programme baptisé ID4D (Identification for Development), 1,1 milliard de personnes sont considérées comme "invisibles". Elles vivent essentiellement en Afrique et en Asie, et près de deux tiers d'entre elles sont des enfants dont la naissance n'a pas été enregistrée. 

Privés de services de santé et d'éducation, les plus jeunes sont aussi victimes des pires violences : du travail forcé pour les garçons au mariage précoce pour les filles, dénonce depuis longtemps l'Unicef, qui avait publié un rapport en 2013. "Les causes [de cette absence d'état-civil] sont multiples", souligne Vyjayanti Desai, qui dirige l'ID4D. Dans les pays en développement, dit-elle, l'une des principales raisons est la distance séparant les personnes des services de l'État.

Des populations trop éloignées ou discriminées

C'est par exemple un obstacle majeur pour les populations d'Amazonie, explique Carolina Trivelli, ancienne ministre du Développement du Pérou et membre du conseil d'ID4D. Pour certaines populations, "il faut cinq jours de bateau pour atteindre un service administratif", précise-t-elle.

Le climat politique dissuade aussi de nombreuses familles de se déclarer aux administrations. "En raison de conflits entre ethnies, elles redoutent d'être identifiées comme appartenant à telle ou telle ethnie dans la mesure où des gouvernements ont des préférences pour certains groupes", explique Carolina Trivelli.