Crise des migrants : un camp plus propre et plus salubre à Grande-Synthe

C'est une première en France. Un camp de réfugiés, répondant aux normes humanitaires internationales. Il ouvre ses portes lundi à Grande-Synthe, près de Dunkerque (Nord).

(Le camp peut accueillir dans un premier temps 1.500 migrants © Radio France/Gaële Joly)
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L'ancien camp se résumait à des tentes plantées dans la boue. Le nouveau est installé près de l’autoroute, 375 bungalows en bois construits à la hâte sur un kilomètre de long.

Une solution temporaire pour les migrants

"C’est de petits chalets qui doivent faire entre 8 et 10m², et dans lesquels pourront loger quatre personnes ", explique Samuel Hanryon de Médecins sans frontières (MSF). L'ONG avait lancé le projet mi-janvier. Les travaux ne devaient durer qu'un mois. L'ouverture du camp arrive finalement avec quelques semaines de retard, mais il pourra bien accueillir 1.500 personnes, en majorité des Kurdes irakiens.

Et surtout, il correspond aux normes du HCR, le Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés. Selon Angélique Muller, la coordinatrice du projet, "MSF fournit une structure sanitaire de qualité, où il y a assez de douches, de toilettes, de points d’eau ".  Elle ajoute que "le but ce n’est pas de donner une maison pour habiter toute la vie, c’est vraiment temporaire. "

Le déménagement de la "jungle" de Grande-Synthe, à quelques kilomètres de là, vers le camp humanitaire doit durer trois jours. Cela doit se faire sans l'intervention des forces de police, c'est ce qui a été promis.

Pas de soutien de l'Etat 

S’il le faut, le camp peut faire face à une arrivée massive en provenance de Calais. "Il faut rappeler que ce camp, il avait été dimensionné  pour 2.500 personnes ", souligne Samuel Hanryon. "Le plus gros, ça a été les travaux de terrassement, amener l’eau, l’électricité, l’éclairage public. " Installer des cabanons en fonction de l’afflux de migrants, est dit-il très "rapide ".

Le camp devrait coûter 2,7 millions d’euros. MSF en finance 2 millions. Le reste est pris en charge par la mairie de Grande-Synthe. L’initiative n’est pas soutenue par l’Etat.  

Le reportage de Gaële Joly à Grande-Synthe (Nord)
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