Crash en Ukraine : l'avion a-t-il pu être touché par un missile ?

Le vol MH17 de Malaysia Airlines s'est écrasé avec près de 300 personnes à bord, jeudi, dans l'est de l'Ukraine. Kiev et les séparatistes pro-russes s'accusent mutuellement d'être à l'origine du drame.

Le site du crash du Boeing 777 de Malaysian Airlines, dans la région de Donetsk (Ukraine), le 17 juillet.
Le site du crash du Boeing 777 de Malaysian Airlines, dans la région de Donetsk (Ukraine), le 17 juillet. (ANDREY STENIN / RIA NOVOSTI / AFP)
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Le vol MH17 de Malaysia Airlines s'est écrasé avec près de 300 personnes à son bord, jeudi 17 juillet, dans le village de Grabovo, dans l'Est de l'Ukraine. Dans cette zone, les séparatistes pro-russes affrontent l'armée ukrainienne depuis plusieurs mois. Plusieurs compagnies ont décidé de suspendre les vols dans la région, comme Lufthansa, Virgin ou encore Air France, qui avait déjà annulé le survol de la Crimée, début avril.

Les avions de ligne ont-ils le droit de survoler la zone ?

A cette altitude, oui. L'avion de la Malaysian Airlines se trouvait au-dessus de la zone fermée, selon Eurocontrol, qui coordonne l'espace aérien européen. "Selon nos information, l'appareil se trouvait au Niveau de vol 330", soit 33 000 pieds d'altitude (10 000 mètres), précise l'agence. Or l'espace aérien était fermé jusqu'à 32 000 pieds seulement. Son vol était donc parfaitement autorisé.

Des autorités de sécurité aérienne avaient en revanche mis en garde les pilotes et les compagnies sur les risques éventuels à survoler certaines zones de l'Ukraine. Le 23 avril, la Federal Aviation Administration américaine avait émis une "note spéciale" pour déconseiller le survol des espaces aériens de Kiev, Lvov, Dnepropetrovsk et Odessa. Même chose pour l'Agence européenne de la sécurité aérienne et l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), qui conseillait aux compagnies aériennes d'emprunter d'autres routes, compte tenu "des risques sérieux" dans le secteur.

Pourquoi la compagnie n'a-t-elle pas évité ce secteur ?

Comme l'explique Dan Milmo, un journaliste du Guardian (en anglais), "le plus souvent, les compagnies évitent les zones de conflit air-air ." Ainsi, des vols de ligne ont survolé l'Afghanistan, où seul l'un des belligérants en présence était équipé de chasseurs. Mais cette remarque vaut-elle en Ukraine, où les rebelles pro-russes sont équipées de missiles sol-air ? "Quand vous volez à 30 000 pieds [9 100 mètres], c'est vraiment très haut dans le ciel", poursuit Dan Milmo. "Il n'existe que peu de systèmes de missiles qui peuvent être assez précis" pour atteindre l'avion.

Quel type de missiles peut atteindre un avion de ligne ?

Si les avions volent si haut, c'est "pour les mettre aussi hors de portée de Man Pad, ces petits missiles qu’on tient sur l’épaule”, résume Didier François, journaliste spécialisé à Europe 1. "Pour toucher un avion à 10 000 m et au-delà, il faut donc des batteries de missiles sol-air avec un radar d'acquisition, avec un matériel important et avec du personnel professionnel", ajoute Pierre Servent, spécialiste militaire, sur France 2.

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Qui dispose d'une technologie suffisante ?

Pour Pierre Servent, seuls "les Ukrainiens et les Russes ont un type de matériel" permettant de frapper un avion de ligne. L'armée ukrainienne dispose ainsi de missiles de type Bouk, capables de frapper loin. Pour autant, il est difficile d'écarter tout à fait l'hypothèse d'un tir des rebelles pro-russes, car ces derniers avaient annoncé fin juin avoir pris possession d'une unité des forces antiaériennes à Donetsk, qui disposait notamment de missiles Bouk.