Crash d'un avion russe en Egypte : Daech le revendique, la Russie dément cette hypothèse

Le groupe Etat islamique en Egypte a revendiqué la responsabilité du crash d'un Airbus A321 de la compagnie russe Metrojet dans le Sinaï samedi matin "en réponse aux frappes aériennes russes qui ont tué des centaines de musulmans en terre syrienne." La Russie écarte cette hypothèse. Air France et la Lufthansa ont décidé, à titre de précaution, de ne plus survoler la zone.

(Sur les 224 personnes à bord, il y avait 217 passagers dont 214 Russes et trois Ukrainiens. A Saint-Petersbourg, les familles des victimes sont sous le choc © REUTERS/Peter Kovalev)
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La branche égyptienne du groupe Etat Islamique affirme sur Internet être responsable du crash du charter de la compagnie russe Kogalymavia, plus connue sous le nom de Metrojet, qui s'est écrasé samedi matin dans le nord du Sinaï, bastion des djihadistes, avec 224 personnes à bord. Il n’y a aucun survivant.

 

Mathieu Guidère est spécialiste du terrorisme et de la question islamiste. Pour lui, si le groupe Etat Islamique revendique sa responsabilité dans le crash de l’avion, c'est qu'il y a forcément pris part. "Cette revendication paraît crédible. D’abord parce qu’on n’a jamais eu de cas auparavant de revendication d’action qui ne soit pas véridique. Ensuite, parce qu’il en va de la crédibilité de l’Etat Islamique dans cette région ", explique-t-il. "On peut envisager de la propagande dans le contenu de ce qui est dit ou dans le contenu des informations mais pas sur l’information elle-même ", poursuit-il 

La thèse du missile n’est pas la seule possible

Pour Mathieu Guidère, "la question qu’il faut se poser dans le cas présent, c’est comment cela a pu être possible. La possibilité à laquelle on pense tout de suite, c’est que l’avion a été abattu par un missile en plein vol, ce qui implique un certain type de missile, très difficile à faire. Mais il n’y a pas que cette possibilité. On sait que l’organisation est très implantée dans le Sinaï, qu’elle a infiltré la quasi-totalité des organes de l’Etat et en particulier les aéroports. Donc il est tout à fait possible que l’Etat Islamique ait un employé sympathisant qui ait saboté l’avion juste avant son départ, qui ait mis quelque chose dans l’avion pour qu’il puisse éventuellement exploser en plein vol. Il est également possible que parmi les passagers il y ait l’un des ressortissants des pays du Caucase qui portent des passeports russes et qui ont menacé de s’en prendre à la Russie ".

Selon Mathieu Guidère, "il est clair que la main de l’Etat Islamique se trouve quelque part, au départ, au milieu ou à l’arrivée de cet attentat". Analyse au micro de Camille Revel

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La Russie ne croit pas aux revendications de Daech

Les autorités russes quant à elles refusent pour l'instant de parler d'acte terroriste. Elles assurent que la revendication du groupe Etat islamique "ne peut être considérée comme exacte". "Nous nous trouvons en contact étroit avec nos collègues égyptiens et les autorités aériennes de ce pays. A l'heure actuelle, ils ne disposent d'aucune information qui confirmerait de telles insinuations", a ajouté le ministre russe des Transports Maxime Sokolov,cité par les agences russes.

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'avion se serait écrasé en raison d'un problème technique. Une thèse qui pourra peut-être être étayée grâce aux boîtes noires de l'avion russe, qui ont été retrouvées sur les lieux du crash. La France a annoncé qu’elle enverrait dimanche deux experts du BEA pour participer à l’enquête. Ils seront accompagnés de six conseillers d'Airbus.

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L'aviation européenne prend des mesures de précaution

L’Airbus avait  disparu des écrans radar 20 minutes après son décollage de Charm el Cheikh, en Egypte, alors qu’il se rendait à Saint Petersbourg, en Russie. Les débris ont été retrouvés et les premiers corps ont été extraits de la carcasse. La plupart des victimes seraient des touristes russes. Le président russe Vladimir Poutine a déclaré une journée de deuil national pour dimanche.

En attendant d'en savoir plus sur les circonstances exactes du crash de l'avion russe, les compagnies européennes Air France et Lufthansa ont annoncé avoir décidé d'éviter de survoler le Sinaï. "Nous avons pris la décision d'éviter le secteur parce que la situation et les raisons du crash ne sont pas claires ", a déclaré une porte-parole de la compagnie allemande. "Nous continuerons à éviter le secteur jusqu'à ce que la cause du cash soit claire ", a-t-elle poursuivi. Même précaution chez Air France dont les avions ne survolent plus la zone depuis samedi "à titre de précaution " et "jusqu'à nouvel ordre ", a indiqué une porte-parole.