Corée du Nord : trois questions sur l'ouverture d'un congrès politique historique

La Corée du Nord ouvre vendredi à Pyongyang, la capitale, son premier congrès politique en près de 40 ans.

Une policière contrôle le trafic près du centre où se déroule le congrès du parti des travailleurs de Corée du nord, vendredi 6 mai.
Une policière contrôle le trafic près du centre où se déroule le congrès du parti des travailleurs de Corée du nord, vendredi 6 mai. (DAMIR SAGOLJ / REUTERS)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Ce n'était pas arrivé depuis 36 ans. Vendredi 6 mai, la Corée du Nord ouvre sa première grande assemblée politique à Pyongyang, la capitale.

Ce congrès du parti unique au pouvoir, le parti des travailleurs de Corée (PTC) doit consacrer le règne absolu de Kim Jong-Un, avec en toile de fond l'éventualité d'un nouvel essai nucléaire.

Pourquoi ce congrès est-il important ?

Annoncé le 27 avril, le VIIe congrès du parti des travailleurs a été différé depuis de nombreuses années. Il sera scruté de près par les observateurs internationaux.

Le leader actuel, Kim Jong-un n'était pas né lors du dernier événement du genre, en 1980, qui avait consacré son père Kim Jong-il comme héritier d'une dictature dynastique qui dure depuis près de 70 ans. Ce congrès est un moyen pour le jeune leader d'asseoir son pouvoir.

 "Kim Jong-un est en quête d’une grande réalisation, d’un grand événement politique à inscrire sur son curriculum, fait remarquer Brian R. Myers, spécialiste de la société nord-coréenne de l’université Dongseo (Corée du Sud), cité par Libération. Pour la propagande, il est important qu’il soit vu comme le leader, même s’il n’a pas besoin du parti pour cela. En Corée du Nord, le leader est au-dessus de tout."

Est-ce que la presse est conviée ?

Afin de convaincre le monde entier, Kim Jong-un a autorisé la distribution de visas à une centaine de journalistes étrangers. Ils sont accompagnés en permanence de "gardiens". Aucun d'entre eux n'est autorisé à pénétrer à l'intérieur du bâtiment et les passants interrogés n'acceptent de s'exprimer que sur la ligne officielle.

Certains d'entre eux ont partagé des images de la capitale et du Palais du 25 avril, où se déroule le Congrès, sur les réseaux sociaux. Une journaliste du Washington Post, Anna Fifield a posté de nombreux clichés de la ville nord-coréenne sur son compte Twitter et Instagram. Depuis sa chambre d'hôtel, elle a répondu en direct aux questions des internautes via Facebook Live.

Depuis 2013, le pays autorise les visiteurs étrangers à se servir de leurs téléphones pour partager des données via les réseaux sociaux. Il faut toutefois qu'ils laissent aux autorités le numéro d'identification de leur appareil.

Quelles mesures vont être annoncées ?

Le menu de la réunion n'est pas connu, ni sa durée. Un nouveau comité central sera élu pour choisir un bureau politique, composé de fidèles proches, "des nouvelles têtes vont apparaître car il est probable que Kim Jong-un mettra à la retraite des dignitaires âgés et nommés par son père, affirme Nicolas Levi, chercheur sur la Corée du Nord à l’académie des sciences de Pologne. "Je ne serais pas étonné de voir arriver des membres directs de la famille, de la lignée au sens royal du terme, au sein du secrétariat du parti ou à la commission militaire centrale",  reprend Libération.

Le congrès devrait également confirmer, comme doctrine du parti, la stratégie du "byungjin" initiée par Kim Jong-un. A savoir le fait de mener de concert développement économique et programmes nucléaire et balistique. Depuis l'arrivée du jeune dirigeant au pouvoir en décembre 2011, la Corée du Nord a mené deux essais nucléaires et deux tirs de fusée réussis, considérés comme des essais déguisés de missiles balistiques.