Cinq ans de guerre en Syrie : les combattants kurdes en marche vers Raqqa

Cinq ans de guerre, près de 270.000 morts et un pays en ruine. Mais le groupe terroriste Etat Islamique recule dans le nord de la Syrie où Omar Ouahmane était il y a quelques jours.

(Un combattant kurde près de la ville de Qamishli, à moins de 300 kilomètres au nord-est de Raqqa. Les combattants n’ont cessé d’avancer jusqu’à parvenir aujourd'hui à 40 km au nord de la capitale autoproclamée de Daech © Radio France / Omar Ouahmane)
Radio France

Mis à jour le
publié le

Reportage aux portes de Raqqa - Omar Ouahmane, envoyé spécial de France info
--'--
--'--
 

Les Kurdes sont en pointe dans cette guerre contre les djihadistes. Avec le soutien des avions de la coalition internationale, ils enchaînent les victoires militaires.Comme ici à Kobané où les enfants ont repris le chemin de l'école. L’été dernier, ils ont pris le contrôle de Tal Abyad, ville frontalière de la Turquie. C'était un gros revers pour Daech car les Kurdes ont ainsi coupé la principale route de transit pour les combattants et les armes de la Turquie vers Raqqa, capitale autoproclamée du groupe Etat Islamique.

 

Depuis, ils n’ont cessé d’avancer jusqu’à parvenir à 40 km au nord de Raqqa. Firaz montre du doigt les premières positions des djihadistes sur la ligne de front au milieu d'une plaine aride. Mais sur cette ligne de front, la tension est palpable et chaque véhicule en provenance du territoire contrôlé par les djihadistes est considéré comme ennemi. Ici, c'est un Pick-Up rouge qui se dirige vers nous, il se trouve à moins de 2 kms, l'un des combattants kurde reçoit l'ordre d'ouvrir le feu.

Les combattants kurdes gagnent du terrain

Le véhicule rebrousse chemin. On apprendra plus tard qu'il s'agissait en fait de civils fuyant la zone tenue par Daech. La grande peur des combattants kurdes, ce sont les voitures piégées. Pour se protéger, ils ont construit, sur toute la ligne de front, une large tranchée profonde de plusieurs mètres comme l’explique Simko originaire de Kobané. Dans le ciel, les avions de la coalition internationale survolent la zone en quête de cibles à frapper. C'est la raison pour laquelle les djihadistes attendent la nuit pour attaquer raconte Ahmed, originaire d'Afrin, dans le nord de la Syrie. Les femmes sont également en pointe dans cette guerre contre les djihadistes à l'image de Chérine, 22 ans, qui est à la tête d'une brigade de douze femmes.

Confiants, ces combattants kurdes attendent désormais le feu vert de la coalition pour poursuivre leur avancée en direction de Raqqa. Dans leur progression, les forces kurdes ont libéré de nombreux fiefs du groupe Etat Islamique comme la ville de Shaddadé que les jihadistes ont occupé durant deux ans.

Fini les interdits au nom de l'Islam

Le groupe Etat islamique a été chassé le 19 février dernier de cette ville arabe de 40.000 habitants qui se trouve à l'est de Raqqa. A l'entrée des panneaux noirs souhaitent la bienvenue à Chaddadé, ville du bonheur et de l'abondance. A l'intérieur, les rares habitants qui sont revenus après la libération profitent de leurs premiers instants de liberté depuis deux ans. Amira une maman de 4 enfants discute devant sa maison, ce qui était interdit sous Daech.

Dans les rues, fini les interdits au nom de l'Islam, les enfants peuvent désormais jouer au baby-foot ou au billard et les artistes comme Abdallah peuvent de nouveau pratiquer leur art. Mais partout où les Kurdes ont chassé les djihadistes, le plus dur est sûrement à venir car les combattants du groupe Islamique ne sont qu'à quelques kilomètres à peine. Surtout ils jouissent du soutien de nombreux habitants qui voient d'un très mauvais œil l'arrivée de ces combattants kurdes hors de leur zone d'influence.

► Cinq ans de guerre en Syrie I Voir tous les reportages