Chirac, Sarkozy et Hollande ont été espionnés par la NSA américaine, révèle WikiLeaks

L'agence de sécurité américaine a espionné les trois derniers présidents français, selon des documents confidentiels publiés par "Libération" et Mediapart, en collaboration avec WikiLeaks.

La NSA a espionné les trois derniers présidents français, selon des documents confidentiels publiés par "Libération" et Mediapart, en collaboration avec WikiLeaks, mardi 23 juin 2015.
La NSA a espionné les trois derniers présidents français, selon des documents confidentiels publiés par "Libération" et Mediapart, en collaboration avec WikiLeaks, mardi 23 juin 2015. (AFP)
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Les trois derniers présidents français ont été espionnés par la NSA américaine sur une période allant au moins de 2006 à 2012, selon plusieurs documents publiés mardi 23 juin par Libération et Mediapart, en collaboration avec la plateforme WikiLeaks (en anglais). "La République a été mise sous écoute", écrit Mediapart, qui précise que de nombreux ministres, des hauts fonctionnaires et des parlementaires sont également concernés par ces documents.

"Nicolas Sarkozy juge ces méthodes inacceptables en règle générale et plus particulièrement entre alliés", a indiqué l'entourage de l'ancien président de la République, contacté par France 2. "Cela pose la question de la relation de confiance entre alliés", ajoute l'ancienne ministre de la Défense de Jacques Chirac Michèle Alliot-Marie, au micro de BFMTV.

Que racontent ces documents ?

Voici quelques exemples. En 2008, Nicolas Sarkozy se considère comme "le seul homme capable de résoudre la crise financière" et se plaint, en 2010, du "recul de Washington sur sa proposition d’accord de coopération bilatérale sur le renseignement". En mai 2012, la NSA aurait également capté une conversation entre le nouveau président François Hollande et son Premier ministre d'alors Jean-Marc Ayrault. Le premier veut organiser des "consultations secrètes" avec l'opposition allemande, pour étudier le scénario d'une sortie de la Grèce de la zone euro.

Ces documents ne révèlent "aucun secret d'Etat", nuance Libération, mais l'ampleur des écoutes réalisées atteste bien "de l’intérêt porté par la NSA à la France". Sous le mandat de Nicolas Sarkozy, le numéro du président figure ainsi parmi les cibles prioritaires de l'agence.

D'où viennent-ils ?

Libération et Mediapart ont consulté cinq rapports d’analyse émanant de la NSA, nommés "Global SIGINT Highlights" et classés top secret. Ces documents émanent d'un bureau identifié comme étant celui des "Summary Services", le "service des synthèses". Ils ont été rédigés à partir des interceptions de communications réalisées sur plusieurs personnalités françaises, sans leur accord. Regroupées sous le nom de code "Espionnage Elysée" par WikiLeaks, ces notes étaient destinées à la "communauté du renseignement" américaine, selon Libération.

La France est-elle le seul pays allié concerné ?

"Si les Américains ont écouté Merkel, on ne voit pas pourquoi les autres n’auraient pas été écoutés", résume l'ancien patron de la police nationale Frédéric Péchenard, contacté par Mediapart. En 2014, un scandale similaire avait en effet agité l'Allemagne. Selon les informations de l'hebdomadaire Der Spiegel, le portable de la chancelière avait été espionné par la NSA. Des méthodes qui avaient déclenché une vague d'indignation dans le pays.