La croissance chinoise à son plus bas niveau depuis vingt-cinq ans

L'activité économique du géant asiatique s'essouffle, malgré l'essor du secteur des services.

Des ouvrières travaillent dans une usine textile de Huaibei (est de la Chine).
Des ouvrières travaillent dans une usine textile de Huaibei (est de la Chine). (XIE ZHENGYI / IMAGINECHINA)

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Le chiffre ferait pâlir d'envie n'importe quel dirigeant français, mais il fait grimacer Pékin. En 2015, la croissance chinoise s'est établie à 6,9%, son plus bas niveau depuis un quart de siècle. Une nouvelle qui confirme l'essoufflement persistant de l'activité, malgré l'essor du secteur des services.

Le chiffre officiel du Bureau national des statistiques (BNS) pour l'an dernier, annoncé mardi 19 janvier, s'établit bien en-deçà de la croissance de 7,3% enregistrée en 2014.

Les piliers traditionnels s'effritent

Les chiffres sont scrutés de près : même affaibli, le géant asiatique reste l'un des principaux moteurs de la croissance planétaire, l'acteur majeur du commerce international et un colossal consommateur de matières premières. Signe de cette anxiété, les Bourses mondiales avaient décroché début janvier à la suite des soubresauts des places chinoises.

Au fil de 2015, les indicateurs sont restés largement dans le rouge : contraction de l'activité manufacturière – aggravant de sévères surcapacités –, refroidissement de l'immobilier, plongeon du commerce extérieur... Autant de piliers traditionnels de la croissance chinoise qui s'effritent.

Une économie qui se tourne vers les services

Les indicateurs mensuels dévoilés mardi par le BNS, décevants par rapport aux attentes, n'éclaircissent guère le tableau : la production industrielle chinoise a progressé mais ralentit, de même que les ventes de détail. Le BNS insiste sur les douloureuses "transformations structurelles" en cours : "C'est une période cruciale durant laquelle les défis devront être surmontés (...) et la nécessité d'approfondir les réformes demeure impérieuse."

Pékin vante "la nouvelle normalité" d'une croissance amoindrie, mais plus durable, fruit de ses efforts pour rééquilibrer son modèle économique vers la consommation intérieure, l'innovation et les services, au détriment des industries lourdes, des investissements dopés par l'endettement et des exportations. Le secteur des services a d'ailleurs constitué 50,5% du PIB en 2015, représentant plus de la moitié de l'économie pour la première année, selon l'agence Chine nouvelle.