Centrafrique : Le Drian saisit la justice après de nouvelles allégations d'abus sexuels impliquant des soldats français

Deux enquêtes ont déjà été ouvertes en France l'an dernier concernant d'autres accusations de viol.

Des soldats français de la mission Sangaris en patrouille à Bangui, en Centrafrique, le 10 décembre 2015.
Des soldats français de la mission Sangaris en patrouille à Bangui, en Centrafrique, le 10 décembre 2015. (MARCO LONGARI / AFP)

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L'entourage du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé, vendredi 29 janvier, que ce dernier avait saisi la justice au sujet de nouvelles allégations d'abus sexuels en Centrafrique, visant notamment des soldats français. Une fillette de 7 ans a déclaré avoir été abusées par plusieurs soldats de la mission Sangaris en 2014, et elle comme son frère assurent que d'autres enfants ont subi le même sort.

Forcée à des actes sexuels contre de l'eau et des biscuits

La fillette de 7 ans a déclaré à une équipe des Nations Unies avoir pratiqué des actes sexuels par voie orale sur des soldats français en échange d'une bouteille d'eau et d'un sachet de biscuits. Elle et son frère de 9 ans ont déclaré que d'autres enfants avaient été abusés de la même manière lors d'incidents répétés impliquant plusieurs soldats français. Des faits qui remontent à 2014 mais ont été révélés ces dernières semaines.

C'est le Haut-commissaire aux droits de l'Homme (HCDH) de l'ONU qui a dénoncé ce nouveau scandale d'abus sexuels en Centrafrique, vendredi à Genève. Quatre autres jeunes filles, âgées de 14 à 16 ans à l'époque des faits, ont dénoncé des abus sexuels commis par des membres de la force de l'Union européenne en Centrafrique. Trois d'entre-elles assurent que leurs agresseurs sont des soldats géorgiens de cette force.

Plusieurs enquêtes déjà ouvertes en France au sujet d'accusations similaires

Le ministère français de la Défense a affirmé avoir transmis à la justice les éléments reçus du HCDH. "Les Nations unies et la France coopèrent pleinement afin de faire toute la lumière sur ces allégations très graves", a-t-on poursuivi dans l'entourage de Jean-Yves Le Drian, où on promet des "sanctions disciplinaires exemplaires" si les faits étaient avérés.

La justice devra notamment établir si ces faits sont "distincts ou non" de ceux reçus dans une première affaire. La justice française enquête en effet déjà, depuis mai 2015, sur des accusations de viol sur des enfants dans le même camp de réfugiés, à proximité de l'aéroport de Bangui, commis par 14 soldats français. Quatre militaires ont été entendus en décembre.

Le Parquet de Paris a également été saisi, en septembre dernier, par Jean-Yves Le Drian au sujet d'accusations de viol sur une jeune fille par un soldat français. Deux soldats des forces spéciales françaises soupçonnés d'attouchements de deux petites filles au Burkina Faso ont été par ailleurs renvoyés en juillet 2015 en France où l'un des deux a été mis en examen, sur la foi d'images vidéo.