Centenaire de la bataille de Vimy : "Un Verdun canadien insuffisamment connu en France"

La commémoration du centenaire de la bataille de Vimy a lieu dimanche (15h30) dans le Pas-de-Calais. Pour Jean-Michel Lacroix, professeur de civilisation nord-américaine, cette bataille de la Première Guerre mondial est un "Verdun canadien".

La commémoration de la bataille de Vimy, le 9 avril 2012. (Archives)
La commémoration de la bataille de Vimy, le 9 avril 2012. (Archives) (PHILIPPE HUGUEN / AFP)
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Près de 20 000 personnes sont attendues dans le Pas-de-Calais pour commémorer le centenaire de la bataille de Vimy dimanche 9 avril (15h30). Le président François Hollande, le Premier ministre canadien Justin Trudeau et une partie de la famille royale britannique seront présents. L’occasion de revenir sur ce moment important de la Première Guerre mondiale, qualifié, dimanche sur franceinfo, de "Verdun canadien" par Jean-Michel Lacroix, professeur émérite de civilisation nord-américaine à l’université de Paris 3 Sorbonne. 

>> Suivez le centenaire de la bataille de Vimy en direct vidéo à partir de 15h30

franceinfo : Pourquoi Vimy est-elle une date importante de la Première Guerre mondiale ?

Jean-Michel Lacroix : C’est le "Verdun canadien". Malheureusement, Vimy est insuffisamment connu en France. C’est une date importante parce que cet assaut des quatre divisions canadiennes aux côtés des Britanniques, avec pour la première fois un général canadien en commandant, a conduit à la naissance de la nation canadienne.

Des milliers de Canadiens sont morts à Vimy…

Absolument. L’effort de guerre du Canada était de 600 000 hommes alors que la population du pays n’était "que" de sept millions d’habitants. La participation était plus importante que celle des Américains. Le Canada a perdu 68 000 soldats, là où les Américains, à la population dix fois supérieure, en ont perdu 116 000.

Justin Trudeau, le Premier ministre canadien sera présent. Pourquoi fascine-t-il autant ?

Parce qu’il est jeune [45 ans, ndlr], par rapport à son partenaire américain Donald Trump. Il incarne le nouveau visage de la politique. Il a été élu en novembre 2015, un peu par surprise, après un long mandat de neuf ans d’un conservateur. Il y a eu un raz-de-marée libéral, donc Justin Trudeau a un gouvernement majoritaire. Il a l’allure d’un jeune premier un peu comme son père. À l’époque où Pierre Elliott Trudeau était premier ministre (1968-1984), il y avait une véritable "trudeaumanie". Il a un pouvoir de conviction assez colossal. Il est ouvert, dynamique, optimiste... Bref, c’est un excellent communicant. C’est un Kennedy à la canadienne. Il incarne un Canada généreux, altruiste. Il a su créer une part de rêve, ce qui ne veut pas dire que nous ne sommes pas dans l’illusion.

Centenaire de la bataille de Vimy : "Un Verdun canadien insuffisamment connu en France", estime Jean-Michel Lacroix, professeur émérite de civilisation nord-américaine

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