Burkina Faso : une journée d'émeutes et de confusions politiques

Après les violentes manifestations de ce jeudi pour réclamer le départ du président burkinabé Blaise Compaoré, l'armée a annoncé dans la soirée l'instauration d'un couvre-feu, la dissolution de l'Assemblée nationale et la mise en place d'une période de transition de douze mois. Le président a annoncé dans la soirée qu'il ne démissionnerait pas.

(Des soldats frappent un opposant au président Compaoré ce jeudi au Burkina Faso. © REUTERS/Joe Penney)
Radio France

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00h49 :  Un leader de l'opposition qualifie la prise de pouvoir de l'armée de "coup d'Etat ".

00h20 :  L'opposition annonce que les violentes manifestations ont fait une trentaine de morts et plus de 100 blessés. Elle indique également que le départ de Compaoré est "un préalable non négociable ".

23h39 :  Blaise Compaoré annonce également qu'il annule l'état de siège qu'il avait décidé un peu plus tôt dans la journée. "Je déclare annuler l'état de siège de toute l'étendue du territoire national ", a-t-il dit. Le chef de l'Etat a par ailleurs prononcé la dissolution du gouvernement, une mesure déjà annoncée par l'armée en début de soirée.

 

23h30 : Blaise Compaoré annonce qu'il ne démissionnera pas et se dit "disponible " à ouvrir "des pourparlers " pour "une période de transition à l'issue de laquelle (il) transmettra le pouvoir au président démocratiquement élu ". Il dit avoir "entendu le message " et l'avoir "compris ".

22h30 :  La Belgique déconseille à ses ressortissants de se rendre au Burkina Faso. "Momentanément, tout voyage au Burkina Faso est formellement déconseillé ", a indiqué le ministère belge des Affaires étrangères

21h17 : selon notre envoyée spéciale dans le pays, Maureen Grisot, le couvre feu est en place dans les rues du Burkina Faso. "Quelques pillards sont encore dans la ville ", explique-t-elle. "Tout le monde attend désormais une déclaration du président Compaoré ", poursuit-elle, sans confirmer pour le moment le départ du chef de l'Etat au Ghana.

 

Maureen Grisot, envoyée spéciale, raconte que le calme est pour l'instant revenu dans les rues de Ouagadougou
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21h15 : Selon Oeil d'Afrique, le président Blaise Compaoré serait sur le point de quitter le pays après les annonces de l'armée.

20h00 : selon le site Burkina 24 et plusieurs journalistes burkinabés, le chef d'Etat-major des armées du Burkina Faso a fait une déclaration dans laquelle il annonce la dissolution de l'Assemblée nationale et du gouvernement, la mise en place d'un organe transitoire pour assurer un retour à la normale. L'armée décrète aussi la mise en place d'un couvre-feu sur tout le territoire de 19h à 6h à compter de ce jeudi.

19h50 : l'Union africaine a exprimé "sa profonde préoccupation face à la situation au Burkina Faso et suit de très près son évolution ". "Elle appelle toutes les parties concernées à faire preuve de calme et de la plus grande retenue ", a-t-elle déclaré dans un communiqué, assurant qu'une "délégation conjointe sera dépêchée en urgence au Burkina Faso ".

19h28 : l'Union européenne appelle à son tour à la fin des violences et au dialogue dans le pays.

19h25 : la manifestation parisienne d'opposants au président Compaoré s'est achevée dans le calme ce jeudi. Ci-dessous, les photos de notre journaliste, Nathanaël Charbonnier.

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19h02 : selon plusieurs journalistes, l'opposition rejetterait la dissolution du gouvernement. Le porte-parole du Collectif anti-référendum Hervé Ouattara exige toujours le départ pur et simple de Blaise Compaoré. L'opposition appelle à de nouvelles manifestations vendredi.

18h47 : dans une lettre datée du 7 octobre, François Hollande mettait en garde Blaise Compaoré contre "les risques non consensuel de Constitution ", révèle ce jeudi Jeune Afrique qui publie sur son site l'intégralité de la missive. Le chef de l'Etat français proposait ainsi à son homologue burkinabé d'être "un exemple pour la région ".

18h00 : le président Compaoré a décrété l'état d'urgence sur l'ensemble du territoire et annonce la dissolution du gouvernement. Il appelle les leaders de l'opposition au calme et promet des mesures créant les conditions d'une confiance.

17h58 :   Jeune Afrique annonce que la garde présidentielle a établi un périmètre de sécurité autour de la résidence du président.

17h19 : l'ONU envoie un émissaire au Burkina Faso. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon l'a annoncé ce jeudi. L'émissaire doit tenter de mettre fin aux violences. M. Ban "suit avec grande inquiétude la détérioration de la situation au Burkina Faso ", a ajouté son porte-parole Stéphane Dujarric.

17h11 : un opposant burkinabé témoigne sur France Info de la situation sur place. Zakaria Gafané est médecin dans une clinique mobilisée par l'opposition. Pour lui, la mobilisation de la rue est une révolution.

Ecoutez le témoignage de Zakaria Gafané, opposant burkinabais
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16h50 : une cinquantaine de personnes est rassemblée à Paris, devant l'ambassade du Burkina Faso boulevard Haussmann. Elles soutiennent les manifestants et demandent le départ du président burkinabé, rapporte Jérôme Jadot, notre journaliste présent sur place.

(Les manifestants devant l'ambassade du Burkina Faso à Paris ce jeudi. © Radio France / Jérôme Jadot)

16h35 : des négociations seraient en cours à l'intérieur du palais présidentiel entre le général Lougué et le pouvoir en place, selon notre journaliste présente sur place. Les manifestants attendent devant la résidence de Blaise Compaoré l'issue de ces négociations.

A Ouagadougou, les précisions de notre envoyée spéciale Maureen Grisot
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16h00 : des manifestants ont pénétré dans la chaîne de télévision publique et ont occupé certains plateaux tv, rapporte la BBC.

15h53 : Bénéwendé Sankara, un responsable de l'opposition assure que l'armée s'est "soudée avec le peuple " contre Blaise Compaoré. Il a demandé la démission du président après les violentes manifestations de ce jeudi.

(Les manifestants devant le bâtiment, incendié, de l'Assemblée nationale ce jeudi. © REUTERS/Joe Penney)

15h11 : des images diffusées par nos confrères de France 24 montrent les tensions dans le pays.

15h07 : RFI annonce que plusieurs émetteurs radios ont été coupés à Ouagadougou.

15h02 : le chef d'état-major général, Honoré Nabéré Traoré, devait prendre la parole à 14h heure locales (15h heure française), rapporte des médias africains.

14h46 : tous les vols, au départ et à l'arrivée, à l'aéroport de Ouagadougou sont annulés, annonce Jeune Afrique sur Twitter.

14h34 : après la France, les Etats-Unis ont à leur tour réagi. La Maison Blanche a fait part, jeudi, de sa "vive inquiétude" concernant la situation du Burkina Faso. "Nous estimons que les institutions démocratiques sortent renforcées lorsque les règles établies sont respectées ", a expliqué la présidence américaine, après que des manifestants ont mis le feu à l'Assemblée nationale du Burkina-Faso.

14h03 : la France appelle au calme et demande "à toutes les parties de faire preuve de retenue ".

14h00 : le nom du général Kouamé Lougué revient de plus en plus régulièrement comme homme probable de transition. Son nom est acclamé par les manifestants. Il serait actuellement devant eux, place de la Nation à Ouagadougou, prêt à s'exprimer.

13h55 : François Compaoré, le frère du président Blaise Compaoré, a été arrête par des militaires à l'aéroport de Ouagadougou. C'est que rapporte sur son site RFI.

13h52 : selon Jeune Afrique, les ressortissants français "démentent l'information selon laquelle la France [les regroupe] à son ambassade ".

13h47 :  Zéphirin Diabré, le chef de file de l'opposition burkinabé et président de l'Union pour le progrès et le changement (UPC), a fait une déclaration sur son compte Twitter expliquant ne pas cautionner "le pouvoir par la force ".

13h44 : toujours selon le site Burkina 24, les ressortissants français seraient tous en train d'être regroupés à l'ambassade de France.

13h41 : sur Twitter, des premières images de l'Assemblée nationale circulent après que celle-ci a été prise d'assaut. On y voit le bâtiement incendié.

13h25 : selon l'AFP, l'armée et les manifestants se font actuellement face aux abords de la présidence. Plusieurs centaines de personnes sont tenues à distance du palais présidentiel. Venus à moto ou à pied, les manifestants sont bloqués à environ 500 mètres des lieux gardés par les soldats, dont certains ont effectué des tirs de sommation.

13h20 : selon le site Burkina 24, les militaires de Camp Guillaume, une base de l'armée à Ouagadougou ont rejoint les manifestants et "fêtent avec la population ".

13h15 : la mairie et le siège du parti présidentiel ont été incendiés à Bobo Dioulasso, la 2e ville du pays. C'est le signe que les manifestations hostiles au président Compaoré se répandent au-delà de la capitale Ouagadougou, ont indiqué plusieurs témoins.

13h : quelles sont les raisons de la colère ? C'est l'article 37 de la Loi fondamentale qui empêche pour le moment Blaise Compaoré de se présenter l'année prochaine pour un nouveau mandat après deux septennats et deux quinquennats. D'où la révision constitutionnelle présentée ce jeudi au Parlement et contre lequel l'opposition a mobilisé, appelant ses partisans à "marcher sur l'Assemblée " pour empêcher le vote.

12h45 : les manifestants prennent d'assaut l'Assemblée nationale. Un appel qui a été entendu par des milliers de manifestants. Ils ont réussi à faire fuir les forces de l'ordre qui gardaient le bâtiment. "Ils ont pris d'assaut le bâtiment, ils sont à l'intérieur et ils cassent tout. La police s'est enfuie ", a raconté  un témoin. Selon un correspondant de l'AFP, au moins dix-huit voitures garées dans la cour et à l'extérieur du bâtiment ont été brûlées, du matériel informatique a été pillé et des documents en papier incendiés. Une personne a été tuée au cours des affrontements.

Le député Ablassé Ouédraogo était présent quand les manifestants sont entrés - son témoignage
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Après le Parlement, des manifestants se sont attaqués aux locaux de la télévision publique qui a cessé d'émettre.

Selon l'AFP, plusieurs bureaux, dont celui du président du Parlement, ont déjà été ravagés par les flammes.  Les forces du sécurité qui gardaient la maison du frère du président Blaise Compaoré auraient ouvert le feu. Trois personnes auraient été tuées.12h35 : le projet de loi contesté a été retiré. En fin de matinée c'est un porte-parole du gouvernement qui a officialisé le retrait de la révision contestée de la Constitution.  "Le gouvernement a annulé le vote de la loi ", a annoncé Alain Edouard Traoré, porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication. On ne sait pas si ce retrait est provisoire ou définitif.

11h :  le régime Compaoré est-il en train de tomber ? Vraisemblablement répond Michel Galy, directeur au CNRS et spécialiste de l'Afrique, le régime de Blaise Compaoré est entrain de s'effondrer, cette révolte populaire s'apparente à celle des printemps arabes.

"Vraisemblablement, on se dirige vers la fin du régime" (Michel Galy)
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