Le Brésil annule un permis controversé d'exploitation minière d'une réserve d'Amazonie

La réserve de Renca recèle d'importants gisements d'or, de fer, de cuivre ou de manganèse, mais elle est précieuse pour sa biodiversité et ses ethnies indigènes.

Le Rio Araguaia, l\'une des plus grandes rivières du Brésil.
Le Rio Araguaia, l'une des plus grandes rivières du Brésil. (ANTOINE BOUREAU / PHOTONONSTOP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Sous la pression, les autorités ont fait machine arrière. Le gouvernement du Brésil a finalement décidé d'annuler le décret visant à laisser des compagnies privées exploiter les réserves minières d'une gigantesque réserve d'Amazonie, précieuse pour sa biodiversité et ses ethnies indigènes. La présidence va publier mardi 26 septembre un nouveau décret qui "rétablit les conditions de la zone, conforme au document qui a créé la réserve en 1984", a précisé le ministère des Mines et de l'Energie (MME) brésilien dans un communiqué.

Le précédent décret, signé le 23 août par le président conservateur Michel Temer, avait déclenché l'ire de plusieurs ONG environnementales internationales. Et pour cause, il visait à supprimer la Réserve nationale de cuivre et associés (Renca), d'une superficie de 47 000 km2, soit une surface plus grande que le Danemark.

Située dans la jungle amazonienne des Etats du Para et de l'Amapa (Nord), elle recèle d'importants gisements d'or, de fer, de cuivre ou de manganèse, des minerais pratiquement inexploités jusqu'à présent, dans la mesure où le statut de réserve limitait cette activité à des entreprises publiques.

Lutter contre la déforestation du "poumon du monde"

En août, Michel Temer avait déclaré que l'objectif de son décret initial était de contrôler et de dynamiser l'activité minière dans la réserve, sans affecter les zones protégées. Mais pour les nombreux opposants au décret, cette exploitation privée allait inévitablement aggraver la déforestation de cette réserve "poumon du monde", faire reculer la biodiversité et nuire aux ethnies indigènes.

Des ONG de défense de l'environnement, des partis politiques, des célébrités et le clergé catholique étaient montés au créneau contre ce décret, critiqué au sein même du parti du président Temer. Face au tumulte, le président avait d'abord supprimé le décret initial, en signant un autre, très similaire, avec quelques détails sur la protection de l'environnement. Le ministère des Mines avait ensuite suspendu les effets du décret pendant 120 jours, promettant un large débat sur la question et assurant que la population avait mal interprété la décision.

Saisie, la justice avait, à la fin août, suspendu ce décret abrogeant le statut de la Renca en motivant sa décision par des raisons constitutionnelles et par la défense de l'environnement. Michel Temer avait alors annoncé le dépôt d'un recours.