Toshifumi Fujimoto pose avec ses appareils dans la vieille ville ravagée d'Alep (Syrie), le 27 décembre 2012.
Toshifumi Fujimoto pose avec ses appareils dans la vieille ville ravagée d'Alep (Syrie), le 27 décembre 2012. (AFP)

Alors que des milliers de réfugiés fuient le pays, Toshifumi Fujimoto, un chauffeur de poids-lourds japonais, a choisi de passer ses vacances en Syrie. Et pas n'importe où : "Chaque matin, je me rends sur une ligne de front", a-t-il expliqué à l'AFP, avant de poser aux côtés de combattants rebelles dans la vieille ville d'Alep, dans le nord du pays. "J'y vais seul car aucun guide ne veut aller au front (...). C'est très excitant et le pic d'adrénaline est incomparable."

Le temps d'une semaine, cet homme de 45 ans arpente les quartiers les plus meurtris d'Alep. Armé de deux appareils photos et d'une caméra, vêtu d'un uniforme militaire "de l'armée japonaise", il est devenu une attraction locale. Il ne parle pas anglais et encore moins arabe, et se déplace sans casque ni gilet pare-balles : "Je suis un mélange de samouraï et de kamikaze". Il a déboursé 2 500 dollars (1 900 euros) pour venir en Turquie, d'où il est entré clandestinement en Syrie. Il verse 25 dollars (19 euros) par jour à un Syrien qui le loge et lui permet d'utiliser internet pour télécharger ses clichés, qu'il partage avec ses amis. 

Avant cela, Toshifumi Fujimoto s'est déjà rendu au Yémen en septembre 2012, lors de heurts meurtriers autour de l'ambassade américaine, mais aussi au Caire en 2011, après le renversement d'Hosni Moubarak. Fin 2011, il a défilé contre le régime syrien à Homs, dans le centre du pays. Son prochain défi ? Un séjour avec les talibans en Afghanistan.