Séisme au Népal : "Il faut réagir très vite pour récolter des dons"

Depuis le violent tremblement de terre qui a frappé le Népal, samedi, plusieurs organismes français ont lancé des appels aux dons pour venir en aide aux victimes. C'est notamment le cas de la Fondation de France ou de l'ONG Solidarités international.

L'appel aux dons de la Fondation de France, après le tremblement de terre qui a frappé le Népal, le 25 avril 2015.
L'appel aux dons de la Fondation de France, après le tremblement de terre qui a frappé le Népal, le 25 avril 2015. (FONDATION DE FRANCE)
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"Un petit don qui vient du cœur." Le message, griffonné sur une petite feuille rose, accompagne l'un des 12 chèques reçus au siège de la Fondation de France, mardi 28 avril. Les tous premiers dons reçus par courrier, trois jours après le violent tremblement de terre qui a ravagé le Népal et causé au moins 5 000 morts, selon le dernier bilan en date.

La course contre la montre a commencé ici aussi. "Face à une telle catastrophe, il faut réagir très vite, explique Frédéric Théret, directeur du développement de l'organisme. La collecte progresse très vite les premiers jours, avec la puissance médiatique. Le grand public est frappé par les images de destruction. Mercredi ou jeudi, ce sera déjà le pic des donations et on sera en mesure d'estimer nos capacités de financement finales."

La catastrophe naturelle, "le symbole de l'injustice"

Dès samedi, jour du séisme, un compte spécifique a été ouvert pour récolter des contributions. Un premier e-mail a ensuite été envoyé à 167 000 personnes, qui avaient déjà donné lors de précédentes catastrophes naturelles, comme le séisme en Haïti ou le typhon aux Philippines, avant un courrier papier adressé à d'autres bienfaiteurs. La stratégie est similaire chez Solidarités international : après un premier courriel envoyé dimanche, l'équipe de communication de l'ONG a planché dès lundi sur un nouvel appel aux dons. "La terre a tremblé, en quelques instants des vies ont basculé", souligne la missive.

"On sent un élan, assure Jean-Yves Troy, le directeur de l'organisation. C'est une catastrophe naturelle. Dans l'inconscient collectif, ça veut dire quelque chose." "Le malheur est criant et c'est totalement irrationnel, abonde Frédéric Théret. C'est le symbole même de l'injustice : des innocents dont la vie bascule en quelques secondes. On est obligés de compatir et, en même temps, on est désarmés : la chose la plus utile, c'est de faire un don financier."

Un peu plus de 100 000 euros récoltés

Dans l'un des bureaux de la Fondation de France, situés dans le 8e arrondissement de Paris, une petite équipe est chargée de gérer l'afflux de contributions. "Le téléphone sonne régulièrement, on est parfois en apnée, assure Philomène, assistante relation donateurs. On renseigne les gens, on leur explique où adresser les dons..." Sur les ordinateurs, les contributions en ligne s'accumulent, minute après minute, pour un montant total qui avoisine les 105 000 euros mardi en milieu d'après-midi. Il s'agit de contributions très modestes, autour de 10 euros, et d'autres nettement plus conséquentes, qui peuvent atteindre les 1 500 euros.

Si certains proposent autre chose que de l'argent, Philomène les renvoie vers d'autres associations, comme Médecins sans frontières ou Action contre la faim. "Eux font du terrain, nous, on est spécialisés dans la collecte de fonds", explique-t-elle à l'un de ses interlocuteurs au téléphone. Quand Solidarités international a déjà dépêché quatre personnes sur place, chargées notamment de procurer de l'eau potable aux victimes du séisme, la Fondation de France a envoyé un coordinateur, pour évaluer les besoins et prendre contact avec les associations locales.

L'organisme, privé, joue le rôle de bailleur de fonds. Il ne déploiera donc pas directement de moyens matériels sur place, mais un comité étudiera et sélectionnera des projets, portés par d'autres structures, et leur apportera un financement grâce aux dons récoltés.

"Le pays est meurtri pour longtemps"

Dans le cas du Népal, priorité à la reconstruction, avant de contribuer à la relance économique, précise Frédéric Théret. "C'est une situation à gérer dans la durée, rappelle le directeur du développement. Car le pays est meurtri pour longtemps, bien plus longtemps que ne durera la visibilité médiatique. En Haïti, le séisme a eu lieu en 2010, mais on a à peine achevé les dernières missions."

A l'époque, la Fondation de France avait reçu 35 millions d'euros de dons. Largement plus que les 2,7 millions récoltés pour venir en aide aux sinistrés du typhon aux Philippines. Pour le Népal, la tendance est pour l'instant à la baisse, prévient Frédéric Théret. Les jours à venir seront cruciaux.