Séisme au Népal : comment une ONG se prépare à venir en aide aux victimes

Quarante-huit heures après le tremblement de terre qui a fait des milliers de morts et de blessés, une équipe de l'ONG Solidarités international a pris la direction du Népal. Francetv info a suivi les préparatifs de la mission.

L\'équipe de l\'ONG Solidarités international en partance pour le Népal, le 27 avril 2015.
L'équipe de l'ONG Solidarités international en partance pour le Népal, le 27 avril 2015. (TUGDUAL DE DIEULEVEULT / SOLIDARITES INTERNATIONAL)
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Mathieu DehlingerFrance Télévisions

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Sur l'écran de la salle de réunion, les images de destruction à Katmandou s'enchaînent. Le vidéoprojecteur est branché sur la chaîne d'informations CNN, qui ouvre ses éditions sur les conséquences du violent tremblement de terre qui a frappé le Népal samedi 25 avril. Quarante-huit heures plus tard, les équipes de Solidarités International, basées à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), sont déjà sur le départ, prêtes à venir en aide aux victimes du séisme.

>> Au Népal, les trois défis de l'aide humanitaire

"Deux heures après la catastrophe, on savait déjà qu'on allait partir, assure Thierry Benlahsen, responsable des opérations d'urgence de l'ONG. La question c'était de savoir comment et quand." Quatre membres de l'organisation s'apprêtent à s'envoler vers la capitale népalaise, à bord d'un avion du centre de crise du ministère des Affaires étrangères, lundi 26 avril dans la soirée. Leur principale mission : fournir de l'eau potable aux victimes, en appui des équipes de Médecins du Monde sur place.

"Le bilan va s'alourdir, c'est certain"

Vendredi, Andrea Angioletti travaillait encore sur l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest. Responsable eau, hygiène et assainissement, il était en mission fin 2014 au Sierra Leone pour ouvrir un centre de traitement contre le virus. "Là pour le Népal, j'ai été mobilisé samedi vers 10 heures du matin, raconte-t-il. J'ai préparé un sac, puis le départ a été confirmé et j'étais au bureau dans la soirée."

Première urgence pour l'équipe : obtenir des informations sur l'étendue des dégâts sur place. "Les informations sont extrêmement compliquées à obtenir, explique Thierry Benlahsen. Des routes sont coupées, le réseau téléphonique marche mal. Jusqu'à présent tout le monde s'est focalisé sur Katmandou mais il y a potentiellement des ravages dans les autres districts. Le bilan va s'alourdir, c'est certain."

Dans la pièce voisine, les logisticiens de Solidarités International s'activent eux aussi. Une cargaison de 3,15 tonnes de matériel doit partir mardi matin pour le Népal. "Ce n'est pas énorme par rapport aux besoins, mais c'est déjà un bon début", estime Fabrice Perrot, le responsable. Du matériel électrique, des téléphones satellite, mais surtout du matériel technique : de grands réservoirs souples, pour stocker de l'eau, et des systèmes de traitement, déjà utilisés lors d'une précédente mission d'urgence. "Le séisme a pu déplacer des nappes phréatiques, ou contaminer des points d'eau", explique Andrea Angioletti.

"L'eau, c'est la première priorité"

Dans un coin, les sacs des membres de l'équipe patientent, avant de prendre la direction de l'aéroport. A une vingtaine de minutes du départ, reste encore une multitude de petits détails à régler : quelqu'un file acheter des piles dans un magasin à proximité, un autre s'enquiert de l'état des téléphones mobiles de l'équipe.

"Les portables sont chargés ?
- Je ne suis pas sûr qu'on ait des prises adaptées pour le Népal.
- De toute façon, il n'y aura pas d'électricité. L'important, c'est qu'ils soient chargés maintenant."

Sur la grand table de réunion traîne la dernière édition du guide du Routard. "Ça peut paraître ridicule, mais ça peut se révéler très utile", affirme Christopher Chamagne. Le logisticien de l'équipe connaît les tremblements de terre, lui qui a déjà été mobilisé lors du terrible séisme en Haïti. "Ce sont de belles missions les catastrophes naturelles, glisse-t-il, quelques minutes avant de s'engouffrer dans le taxi pour l'aéroport. Sans faire des choses très compliquées, tu sauves vraiment des vies. L'eau, c'est la première priorité, avant même de manger, et ce n'est pas difficile de l'apporter aux victimes."

"Trois ou quatre ans pour s'en remettre"

La mission de Solidarités International au Népal n'en est certainement qu'à ses débuts. L'ONG est déjà contact avec des fournisseurs pour acheminer davantage de matériel à Katmandou et d'autres équipes pourraient suivre. "On part au moins sur deux mois, estime Thierry Benlahsen. Mais un pays met au moins trois à quatre ans à se remettre d'un tremblement de terre de ce type."