Au Népal, les trois défis de l'aide humanitaire

Après le tremblement de terre, le petit pays de l'Himalaya, dont les infrastructures ont été dévastées, manque de tout.

Distribution de nourriture aux sinistrés à Patan (Népal), le 26 avril 2015.
Distribution de nourriture aux sinistrés à Patan (Népal), le 26 avril 2015. (CITIZENSIDE / BIKASH KHADGE / AFP)
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Eau potable, électricité, médicaments… Après le séisme qui a fait plus de 3 700 morts et 6 500 blessés au Népal, samedi 25 avril, la capitale, Katmandou, manque de tout. Des dizaines de milliers de sinistrés et de blessés dorment dans les rues ou dans des camps improvisés. Alors que le bilan humain ne cesse de s'alourdir, l'aide internationale tente de s'organiser pour porter secours à ce petit pays pauvre de l'Himalaya, aux ressources essentiellement touristiques. Mais elle doit relever plusieurs défis.

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Accélérer les recherches de survivants

La première urgence, alors que chaque heure qui passe diminue les chances de retrouver des rescapés, est de venir en aide à ceux qui tentent de dégager les corps des décombres, et d'administrer de l'aide aux blessés. Munies d'équipements spéciaux et accompagnées de chiens renifleurs, les équipes humanitaires internationales affluent désormais à l'aéroport de la capitale népalaise.

Des ONG françaises, comme Médecins du monde (MDM), Handicap International et Action contre la faim, ont déjà des équipes à pied d'œuvre. Médecins du monde a ainsi envoyé une équipe d’urgence de douze personnes, constituée de personnels médicaux (chirurgiens, anesthésistes, infirmières) et de logisticiens. L’organisation va également envoyer 15 à 20 tonnes de matériel (kits de chirurgie, kits de catastrophe naturelle…) pour répondre au mieux aux besoins de la population népalaise.

De son côté, Handicap International a envoyé dès dimanche une première équipe de trois personnes et a acheminé sur place des tentes, des bâches et des téléphones satellite. 

Pallier le manque d'eau potable, d'électricité…

Parallèlement, le pays est en état de pénurie généralisée. Washington a débloqué une première enveloppe d'un million de dollars, Londres de cinq millions de livres, le Canada de cinq millions de dollars et l'Union européenne de trois millions d'euros. Cette aide doit servir à financer du matériel de première urgence comme l'eau potable, les médicaments et les abris provisoires. L'Inde a dépêché treize avions militaires, chargés de tonnes de nourriture et de couvertures.

Selon Médecins du monde, les communications sont difficiles, les réseaux téléphoniques étant en panne. L'électricité manque, comme l'eau potable et les réserves médicales. "Les informations que nous recevons font état d’un haut niveau de destruction. Tout se joue dans les heures à venir, les hôpitaux sont débordés, nous devons agir vite", explique Gilbert Potier, directeur des opérations internationales de Médecins du monde, sur le site de l'association.

Thierry Benlahsen est responsable de l'équipe d'urgence de Solidarités international, une association spécialisée dans l'accès à l'eau. Contacté par francetv info, il explique : "Nous partons avec plus de 25 tonnes de matériel, dont une station d'épuration mobile, une moto-pompe pour pouvoir traiter l'eau et la rendre potable."

Les médecins sont en effet mobilisés 24 heures sur 24 pour soigner les blessés, dans des conditions très difficiles. Des chirurgiens ont dû opérer dans des campements de fortune, érigés sur des parkings, tandis que les morgues arrivent à saturation.

Aller au secours des zones rurales et de haute montagne

Si les 2,5 millions d'habitants de Katmandou sont dans une situation difficile, "le gros problème, c'est la situation dans le reste du Népal, dans les zones rurales. Nous n'avons pas beaucoup d'informations mais les dégâts sont très importants", confie Chiara Retis, coordinatrice technique de Handicap International à Katmandou, à Europe 1.

Les autorités népalaises ont expliqué qu'elles faisaient leur maximum pour venir en aide aux régions isolées les plus proches de l'épicentre du séisme, à environ 80 kilomètres au nord-ouest de Katmandou, alors que de nombreuses routes sont impraticables. "Pour l'instant, il est difficile de connaitre la situation exacte là-bas, mais il existe de grandes disparités entre la capitale et le reste du pays", évoque Gérard Pascal, chirurgien à Médecins du Monde, en départ pour le Népal ce lundi. A francetv info, il rappelle que "certaines routes sont détruites et certains villages sont complètement enclavés."

Le tremblement de terre a également déclenché une avalanche sur le mont Everest, où une vague de neige comparée par un survivant à un "immeuble blanc de 50 étages" a déferlé sur le camp de base. Dix-huit décès ont été confirmés dans le massif, où se trouvaient en ce début de saison d'alpinisme au moins 800 personnes, dont de nombreux étrangers, selon les estimations de responsables locaux. Mais, en raison des difficultés à communiquer, il est pour l'instant impossible d'évaluer l'étendue des destructions sur le toit du monde.