Mangez-vous des crevettes issues d'un circuit qui repose sur l'esclavage en Thaïlande ?

C'est ce que croit le "Guardian", dans une enquête publiée mercredi. Carrefour, qui entretient des relations avec l'entreprise incriminée, a suspendu ses achats. 

Le Guardian affirme que des crevettes, vendues en Europe, proviennent d'un producteur impliqué dans un vaste réseau d'esclavage. 
Le Guardian affirme que des crevettes, vendues en Europe, proviennent d'un producteur impliqué dans un vaste réseau d'esclavage.  (DONALD GORDON / GETTY IMAGES)
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Elles finissent dans vos assiettes, assorties d'une mayonnaise. Mais pourraient bien provenir d'un vaste réseau d'esclavage. Des crevettes thaïlandaises, vendues à bon prix dans de grands supermarchés américains et européens, dont le français Carrefour, seraient nourries par des poissons pêchés par des migrants réduits en esclaves. C'est ce que révèle le Guardian (en anglais), qui publie, mardi 10 juin, une grande enquête sur l'affaire.

Le quotidien britannique incrimine la société CP Foods, principal producteur mondial de crevettes, basé en Thaïlande. Le journal assure que cette entreprise achète de la nourriture pour ses élevages à des bateaux impliqués dans un réseau d'esclavage. Elle revend ensuite ses produits à de nombreuses enseignes, comme les géants Carrefour, Walmart ou Alto. 

Carrefour suspend ses relations avec CP Foods

Pour étayer ses propos, le quotidien britannique a recueilli les témoignages de nombreuses victimes, principalement des migrants venus du Cambodge ou de Birmanie, en situation irrégulière. Ils décrivent tous les conditions inhumaines dans lesquelles ils travaillent et les tortures qu'ils subissent.

"Nous sommes battus même si nous travaillons dur", confie l'un d'eux. Vuthy, un ancien moine cambodgien revendu, assure avoir été "enchaîné", "sans soins ni nourriture". Une autre victime raconte au Guardian avoir vu vingt de ses camarades tués devant ses yeux, assure que l'un d'eux a été écartelé.

L'affaire a de quoi embarasser Carrefour, entreprise française citée dans l'article. Interrogé par Europe 1, le groupe a décidé de suspendre ses relations commerciales avec CP Foods. L'entreprise "condamne avec force, s'ils sont avérés, les faits rapportés par 'The Guardian'"