Un choix temporaire qui pourrait durer. Le Japon a réduit à néant la part du nucléaire dans sa production d'électricité samedi 5 mai, en arrêtant le réacteur Tomari 3 (nord), dernière unité active des 50 que compte le pays. 14 mois après la catastrophe de Fukushima, l'archipel se prive ainsi de 30% de ses ressources énergétiques. Un vide que Tokyo va combler en important massivement pétrole et gaz naturel, au risque de voir sa facture d'électricité exploser.

A la suite du séisme et du tsunami qui, le 11 mars 2011, ont engendré un énorme accident à Fukushima Daiichi, 11 des 37 réacteurs en fonctionnement, ont été subitement arrêtés dans les centrales du nord-est. Deux autres présentant des risques à Hamaoka (centre) l'ont été plus tard sur ordre du gouvernement. Toutes les autres unités ont ensuite été stoppées successivement pour des campagnes d'entretien.

Importations de pétrole et restrictions d'électricité

Le redémarrage des réacteurs viables est conditionné à de nouveaux tests de résistance et à l'approbation des autorités locales. Le gouvernement envisage de redémarrer deux réacteurs de l'ouest, mais a promis qu'il ne passerait pas en force, la population étant très réticente depuis l'accident de Fukushima.

Aucun calendrier n'a été avancé, mais le gouvernement doit proposer un nouveau plan énergétique à long terme durant l'été. Afin de compenser l'absence totale d'énergie nucléaire, qui représentait avant le drame près de 30% de sa production d'électricité, les opérateurs sont contraints d'augmenter massivement leurs importations de pétrole et de gaz naturel liquéfié pour doper leurs centrales thermiques. Les citoyens et entreprises nippones sont quant à eux priés de réduire leur consommation d'électricité pour éviter des coupures massives inopinées.